Fatal Fury Special VS Super Street Fighter II

 

Par Tibe

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Le côté accessible et 'grand public' de Street Fighter II en a fait un succès planétaire, et ce n'est pas cette version 'Super' qui me fera mentir. Fatal Fury Special quant à lui, est le second jeu de la série des Fatal Fury à proposer une alternative de poids au titre de Capcom: Fatal Fury 2 avait bien essayé de détrôner la version Turbo sortie l'an dernier, et avait échoué de peu. Le gameplay des FF est radicalement différent de SSFII: plus complexe, plus technique, plus difficile! Deux écoles du VS fighting se font face. Les hardwares que sont le CPS-II et le MVS sont deux bêtes de courses en 1993. Le système de Capcom, plus récent, dispose d'une légère supériorité en terme de résolution (384x224 contre 320x224), ainsi que la possibilité d'afficher davantage de sprites à l'écran (900 contre 380). Le nombre de couleurs affichables simultanément est le même: 4096. Le MVS a pour lui plus de mémoire vidéo, une capacité de stockage plus importante, ainsi qu' un meilleur processeur sonore. 

GRAPHISME

Le hit de Capcom bénéficie d' excellents graphismes très 'comics', à la fois harmonieux et colorés, dotés de scrollings différentiels et d'un bel effet de relief. Les sprites des combattants sont beaux et de belle taille, la plupart ont bénéficié de quelques retouches depuis Street Fighter II Turbo. Cependant, quelques rares décors manquent parfois de profondeur et de vie. Je pense par exemple au stage de Ken et sa mer immobile, aux éléphants de Dhalsims peu convaincants ou encore au stage de Vega (M.Bison chez nous), trop symétrique et assez fade. De plus, décors et personnages ont peu évolué depuis 1991. Que dire alors du soft de SNK? Quand on évoque le pixel art, Fatal Fury Special en est un digne représentant. Présentation et décors sont somptueux, les sprites détaillés et d'une taille légèrement supérieure à ceux de SSFII. Les décors de Mai, Tung, Terry et Billy -pour ne citer qu'eux - sont des modèles d'esthétique et de finesse graphique. Particulièrement fouillés et animés, les seize stages du jeu sont absolument remarquables. Al'instar du rival, certains décors sont moins bons que d'autres (Axel Hawk, Duck King). Au final, c' est un poil plus fin et coloré que chez Capcom, plus vivant au niveau des backgrounds; les personnages sont certes plus grands dans FFS, mais aussi bien faits de part et d'autre. Petit point supplémentaire: les décors sont évolutifs. Vous combattez à différentes heures de la journée (matin, soir, nuit...) ce qui est un détail très sympathique.

FATAL FURY SPECIAL ................ 96%

SUPER STREET FIGHTER II ....... 95% 

ANIMATION

Premièrement, nous constatons que l'animation des deux softs est bien décomposée et relativement rapide - tout du moins, dans la moyenne des meilleurs jeux de l'époque. FFS semble un peu plus nerveux, plus péchu que son concurrent (qui corrigera le tir avec la version Turbo). Les mouvement des personnages sont aussi bien décomposés chez les deux concurrents. Coté décors, certains sont assez laborieux chez SSFII, comme les anémiques éléphants de Dhalsim, mais d'autres bien plus animés comme chez DeeJay ou Balrog (Espagne). Fatal Fury, outre proposer des décors évolutifs et/ou en mouvement (Terry, Andy, Billy) est nettement plus vivant au niveau des backgrounds. Le sol est animé en 3D chez Capcom, un point bien sympathique, chose absente de la série Fatal Fury. Point crucial, l'animation des personnages n'a pratiquement pas évolué depuis Street Fighter II, alors que SNK a fourni de gros efforts depuis Fatal Fury 2 à ce niveau, lui permettant de surclasser - de peu - son concurrent.

FATAL FURY SPECIAL ................ 93%

SUPER STREET FIGHTER II ....... 92% 

BANDE SON

Capcom tire admirablement parti du CPS-II, et si la qualité de l'échantillonnage est légèrement inférieure au MVS, les thèmes sont diablement inspirés. Dans l'ensemble, c'est excellent: la qualité est en hausse avec ce nouveau support. Fatal Fury Special offre des thèmes sympathiques et entraînants, comme la musique Folk de Terry, l'arrangement très 'asiate' de Cheng, la musique planante de Tung... sans parler du grandiose Dies Irae de Wolfgang Krauser. Les bruitages eux, conditionnent particulièrement les sensations dans un jeu de combat. SSFII propose des bruitages percutants, puissants, bien adaptés à la violence des coups portés. Celà dit, ils ont été légèrement modifés depuis SFII et SFII CE, et sont un tantinet moins violents. Par contre, les digits vocales ont gagné en qualité, et ce n'est pas un mal. Bruitages et sons d'ambiances ne sont pas en reste, bien que parfois en demi-teinte (éléphants, bruits de fond). Le MVS est à l'honneur avec Fatal Fury Special: Les bruitages des coups, déclinés en dizaines de sons différents, sont puissants et offrent un excellent rendu, différent de ce que propose Capcom. Les bruitages dans les niveaux (chutes d'eau, train, course de taureaux) sont sublimes, et les digits vocales à couper le souffle.

FATAL FURY SPECIAL ................ 94%

 SUPER STREET FIGHTER II ....... 93% 

DUREE DE VIE

D'un côté des furies à découvrir, de l'autre des Bonus Stage pour s'éclater!
D'un côté des furies à découvrir, de l'autre des Bonus Stage pour s'éclater!

Pour le jeu en solo, le point va à Street Fighter. Celui-ci est plus sympa et intéressant que Fatal Fury Special: d'une part, la monotonie des combats est rompue par de sympathiques bonus stage (trois en tout). D'autre part, le CPU est une véritable ordure dans Fatal Fury Special. Le jeu est d'une difficulté ignoble, très rebutant pour les joueurs novices. SSFII n'est pas "facile" pour autant, mais la difficulté y est mieux dosée. On progresse plus ou moins facilement, en fonction de son propre niveau. Qu'en est il du versus? Là, c'est très différent! Il y a seize personnages dans chaque titre, mais le gameplay complexe de FFS assure davantage de decouvertes pour captiver le joueur plus longtemps! Furies & combos qu'il faut apprendre à maitriser, technicité de certains combattants, clins d'oeil disseminés çà et là... SSFII est un régal à deux joueurs également: son gameplay plus basique - mais pas forcément moins bon - assure des parties équilibrées entres joueurs de tous niveaux. Chez SNK, la technique prime, ce qui suppose un apprentissage plus poussé. Les guerriers sont relativement équilibrés chez les deux rivaux, et presque tous intéressants à jouer. On a donc une difficulté très bien dosée dans SSFII qui donne envie d'y revenir, contre un challenge relevé dans FFS qui peut rebuter, puisque pour affronter Ryo il ne faudra pas perdre le moindre round.

FATAL FURY SPECIAL ................ 93%

 SUPER STREET FIGHTER II ....... 96% 

GAMEPLAY

Fatal Fury se joue à quatre boutons (deux niveaux de puissance pied et poing plus combinaisons de boutons) alors que Street Fighter dispose de six boutons (trois niveaux de pied, trois niveaux de poing). Si le système à six boutons semble sexy, il n'est pas toujours pertinent ni très intuitif. Les quatre boutons de Fatal Fury offrent une réactivité et un jeu instinctif très appréciable. Street offre une prise en main rapide, alors que Fatal Fury se révèle plus profond et plus technique. Attention! le hit de Capcom n'en est pas moins intéressant, mais la marge de progression est juste plus grande dans Fatal Fury. Les Furies, réalisables quand votre barre d'énergie est basse, permettent de retourner des situations désespérées. Les combos dont dispose désormais la série de SNK la hisse au niveau de son adversaire. Les déplacements sur deux plans, s'ils apportent une dose de fun au jeu, ne s'avèrent pas un élément déterminant en terme de gameplay pur, sauf pour esquiver des projectiles ou casser le rythme. En outre, les personnages disposent de plus de mouvements dans FFS: esquive, marche accroupi, esquive en changeant de plan, counter attack... quand Street se repose sur ce qui a fait sa force: la simplicité.

FATAL FURY SPECIAL ................ 96%

SUPER STREET FIGHTER II ....... 94% 

CONCLUSION

La progression est colossale depuis le premier Fatal Fury, SNK ayant achevé un travail de titan pour se hisser au niveau de son rival. De son côté, Capcom s'est reposé sur ses lauriers depuis son mythique Street Fighter II, nous proposant des suites certes bonnes, mais n'évoluant que peu. Seize personnages d'un côté, seize personnages de l'autre... des gameplay riches, des réalisations somptueuses... Souvenez-vous que nous ne sommes qu'en 1993! La concurrence est clairement larguée et ces deux séries placent la barre très haut. Alors pour conclure, je dirais simplement que cette année est à marquer d'une pierre blanche pour la Neo Geo. SNK s'impose désormais avec Fatal Fury Special comme un acteur majeur du versus fighting, aux côtés de son homologue Capcom et de sa dernière réalisation, Super Street Fighter II.

FATAL FURY SPECIAL

95%

 

SUPER STREET FIGHTER II

95% 


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