L'HISTOIRE DE LA NEO GEO

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LA CHUTE DE SNK - SUITE

C'est en 2000 que vont sortir les deux derniers titres de l'éditeur SNK historique. Il s'agit de Kof 2000 et Metal Slug 3, deux jeux particulièrement aboutis, exploitant remarquablement la Neo Geo grâce à des roms gigantesques. Il faudra attendre Microsoft et sa Xbox, console 128 bits de sixième génération (2002), pour voir un portage décent de ces softs. Seule la Dreamcast pouvait en 2000 se targuer d'adaptations Neo Geo de grande qualité (Kof 98, Kof 2000, Last Blade), n'égalant toutefois pas toujours son aînée. En 2001, seul un millésime The King of Fighters complètement pourri sort sur MVS, développé par un certain Eolith, accompagné par Sengoku 3, la suite assez réussie des beat them up emblématiques de la console. Racheté par Aruze (fabricant de Pachinko japonais) fin 2001, la société d'Osaka est mise en faillite, sans plus de considérations. C'est donc dans l'indifférence collective que disparaît SNK en ce début de millénaire.


MS3 et Kof 2000 sont les dernières pépites de SNK avant Playmore.
MS3 et Kof 2000 sont les dernières pépites de SNK avant Playmore.

SUITE ET FIN (2001-2004)

Eikichi Kawasaki
Eikichi Kawasaki

Eikichi Kawasaki, le papa de SNK, fonde la société Playmore en 2001. Il s'agit ni plus ni moins du canot de sauvetage de sa première compagnie, montée avec d'anciens actionnaires. La société rachète les licences et les actifs SNK, aux prix de nombreux procès contre Aruze dès 2002. La nouvelle maison SNK-Playmore décide de développer sur MVS et AES, comme autrefois. Chose inattendue alors, de nouveaux jeux vont voir le jour sur le mythique système de 1990... Tout d'abord, le très controversé Kof 2001 est adapté sur AES, signe des temps. Puis sortent dans la foulée Kof 2002, Rage of the Dragons, Matrimelee, et Metal Slug 4. L'accueil des derniers joueurs fidèles au système est mitigé envers ces jeux de la nouvelle compagnie "Playmore". En effet, les ingénieurs les plus talentueux de l'ancienne maison SNK, dessinateurs, graphistes, programmeurs, musiciens, ont pour la grande majorité quitté le navire lorsque la société a fait faillite. Nombre d'entre eux se sont vu proposer des ponts d'or chez Capcom, Sammy ou Namco. Le développement de ces nouveaux softs a donc partiellement ou complètement été confié à des sociétés annexes (comme Mega ou Eolith) et le moins qu'on puisse dire, c'est que même si certains de ces titres ne sont pas mauvais, la griffe du grand SNK adulé par les gamers, et bien elle n'est plus là.

The King of Fighters 2002
Power instinct Matrimelee

Quoiqu'il en soit, la Neo Geo est devenue, au fil des années, un objet de culte comme peu d'autres consoles de jeux, et tout ce qui a trait au passé de cette machine semble auréolé de gloire et de prestige, parfois exagéremment, et littéralement vénéré par un certain nombre de joueurs et/ou collectionneurs. La qualité des titres qui verront le jour les dernières années ira crescendo, sans toutefois jamais rivaliser avec les hits de la machine réalisés par SNK jusqu'en 2000. SVC Chaos, le cross-over tant attendu entre SNK et Capcom, sort en 2003. Trois autres jeux sont publiés la même année: Samurai Shodown V, Metal Slug 5, et bien entendu The King of Fighters 2003. Au même moment, Playmore signe pour développer sur Atomiswave, le support arcade de Sammy. Le dernier venu sur la vénérable sort en septembre 2004: il s'agit de Samurai Spirits Zero Special, tenant sur une cartouche de 708 mégas. Le jeu est un hommage au vieux système 16 bit, et marque la fin de quatorze années de bons et loyaux services. C'est la fin de l'histoire pour la Neo Geo.

Samurai Spirits Zero Special, dernier fleuron d'une époque révolue.
Samurai Spirits Zero Special, dernier fleuron d'une époque révolue.

Quant à SNK Playmore, la firme continue son petit bonhomme de chemin, faisant revivre sa splendeur passée en adaptant sur Playstation 2 , PSP et autres , des compilations de ses meilleurs titres (SNK Arcade Classics, Fatal Fury Battle archives, etc) permettant aux jeunes joueurs d'accéder à la mythique ludothèque de la Neo Geo. Plus tard, les possesseurs de Xbox 360 ou PS3 pourront même jouer en ligne sur des titres emblématiques, tels que Fatal Fury Special , Metal Slug 3 ou Mark of the Wolves, aux côtés de Street Fighter II ou Prince of Persia... Serait-ce donc cela, le Panthéon du jeu vidéo? En tout cas, cela y ressemble. D'accord , mais à partir de quel moment une console de jeu - puisque c'est un phénomène récent - entre-t-elle dans la mythologie de la culture populaire? A quel moment un système devient-il prestigieux au point de devenir un objet de culte? Je suis mal placé pour y répondre. En tant que fan de la première heure, ma passion pour le Retro Gaming et en particulier la Neo Geo pourrait être interprété comme de la nostalgie, voire même du passéisme! Alors, l'AES est-elle , au même titre qu'une AC Cobra 427, que le Necronomicon ou qu'un Leica M9, un objet de vénération intemporel? Pour tenter de le savoir, posons-nous une seule question. Cet objet a t-il survécu à son temps? Plus clairement, j'entends par là: de jeunes joueurs s'y intéressent-ils? Ses jeux passionnent t-ils des personnes d'une génération plus récente que celle qui l'a connue à son apogée? Si la réponse est oui, alors la Neo Geo vivra probablement pour toujours.

neo geo museum
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