Reviewed in 2010 by Tibe

SPRITES GEANTS ET BOULES DE FEU

par Tibe

Click here to read in english

S'il est un jeu de baston qui a marqué une étape dans la vie commerciale de la Neo Geo - et plus largement, dans l'histoire du jeu versus fighting en arcade - c'est bien Art of Fighting. En parallèle à Fatal Fury et Samurai Spirits un peu plus tard, le titre est l'un des tout premiers à dépasser la barre mythique des 100 mégas (The 100 Mega Shock, souvenez-vous!) et à proposer une réalisation de qualité majeure sur le système, tout en réussissant quelques impressionnantes innovations. Sorti en même temps que World Heroes, qui sera aussi en son temps un jeu de combat recherché sur la console, ce soft dans la plus pure tradition SNK enthousiasme littéralement les foules. Il est l'une des premières alternatives sérieuses au mythique Street Fighter II, à l'instar de Fatal Fury, mais aussi l'un des rares a avoir réussi l'exploit de faire se détourner un certain nombre joueurs du hit de Capcom.

Admirez les gerbes de sang et les contusions sur les visages...
Admirez les gerbes de sang et les contusions sur les visages...

Mais si vous le voulez bien, replongeons-nous brièvement dans l'histoire de la famille Sakazaki, car Art of Fighting est agrémenté d'un scénario banal, mais tout de même assez sympa. En tout cas, un peu plus original que celui de la franchise préférée de Capcom. Ryo Sakazaki et Robert Garcia sont deux amis d'enfance, disons même qu'ils sont comme deux frères. Bercés aux Karaté Kyokugenryu depuis leur tendres années, nos gaillards sont rompus à la pulvérisation de tronche et au bottage de cul à la tongue en bois. La soeur de Ryo, Yuri, a été enlevée par un mystérieux karatéka masqué. Connaissant bien Southtown et sa pègre, nos deux compères n'ont pas peur de mettre les mains dans le cambouis: ni une, ni deux, ils partent à la recherche de la miss à travers toute la ville, dans laquelle ils vont traquer les commanditaires et complices de ce rapt. Et croyez-moi, ils ne sont pas contents, façon Steven Seagal qui vient de trouver une crotte de nez dans son riz cantonnais. Autant dire que j'en connais qui vont vomir leur goûter.

Les sprites des combattants sont les plus gros jamais vus jusqu'alors!
Les sprites des combattants sont les plus gros jamais vus jusqu'alors!

Si le gameplay s'éloigne considérablement des standards posés par Street Fighter II, procurant à Art of Fighting une personnalité et une ambiance qui lui sont propres, la réalisation de ce petit bijou remet carrément les pendules à l'heure. On est sur Neo Geo, bordel de merde. Et même dans les salles d'arcade, on a encore jamais vu de sprites aussi grands, si détaillés et bien dessinés. Les graphismes sont sacrément impressionnants pour l'époque, les combattants pleins de personnalité, l'action dynamique... alors que bruitages et musiques ne sont pas en reste. D'autre part, les innovations techniques sont nombreuses: zooms lors des combats, visages des combattants se tuméfiant lorsqu'ils prennent des coups, bonus stage originaux et fun, jauges de "spirit" limitant l'usage des coups spéciaux, mais surtout des furies cachées dévastatrices... apparaissant pour la première fois dans un jeu de baston! Ce titre n'est pas estampillé SNK pour rien, vous l'aurez compris.  On sent bien passer la pouizansse des 102 mégas par les yeux et aussi par les oreilles! Attention aux crises d'épilepsie mes petits chats!

Jack est plus limité que Ryo et Robert au niveau des coups.
Jack est plus limité que Ryo et Robert au niveau des coups.

En solo, il y a un mode story bien ficelé, agrémenté de quelques cinématiques du plus bel effet, et ponctué de quelques bonus stages intéressants: si vous les réussissez, ceux-ci vous permettent soit d'apprendre à réaliser le Haoh Sho Koh Ken (le Kaméhaméha de AOF), soit d' améliorer votre barre de vie, ou bien votre barre de "spirit", l'énergie grâce à laquelle on réalise les coups spéciaux. Le seul inconvénient est qu'en solo, on ne peut choisir d'incarner que Ryo ou Robert. C'est bien peu, mais le mode versus permet de choisir parmi les huit personnages (et même dix avec l'universe bios). Certains sont malheureusement assez limités en coups, dommage. Au chapitre des reproches, notons aussi que l'animation, si elle est bien réalisée, n'est pas non plus extraordinaire en termes de décomposition. Ce premier opus de la série Art of Fighting reste un formidable jeu de baston qui, s'il a moins bien vieilli que certains autres titres de la machine, était à l'époque un des meilleurs versus fighting game de tout le marché. 


GRAPHISME

95%

Absolument superbes, les graphismes de Art of Fighting atteignaient un niveau de détail impressionnant, en plus d'être finement dessinés.De plus, les sprites y sont littéralement énormes!
ANIMATION 84%
Rapide, avec des zooms incroyables... mais une fluidité des mouvements encore perfectible.
SON 93%
Musiques inspirées, digits vocales efficaces, bruitages excellents: c'est la Neo Geo, pas de doute.
DUREE DE VIE 70%
Seulement deux personnages sont jouables en mode story, mais huit (voire dix avec code) sont disponibles en versus. Fort heureusement, AOF a un côté fun qui fait qu'on y revient volontiers, même en solo.
GAMEPLAY 86%
Déroutant au début, le systeme de combat, une fois apprivoisé, répond au doigt et à l'oeil.

NEOGEOKULT

RATE

85%
Une pépite à posséder, vestige du VS Fighting et du savoir-faire de SNK.

RAPPORT QUALITE/PRIX

Vous en aurez pour votre argent! Une trentaine d'euros suffisent pour acquérir Art of Fighting AES. Si vous n'y passerez pas votre vie, il y a tout de même de bonnes heures de fun en perspective malgré tout!

Bannière bouton
Bannière bouton