Reviewed in 2012 by Tibe


Le Minimum Syndical

par Tibe (2012)


Visco, c'est vraiment les bad boys du jeu vidéo. Chaque nouvelle production de cet éditeur badass sonne comme un bras d'honneur aux compagnies concurrentes, aussi mythiques et puissantes soient-elles. Jugez plutôt: Andro Dunos en 1992 plagiait éhontément les classiques du Shoot them Up; Puzzle de Pon et Puzzle de Pon R (deux jeux identiques) étaient de pures repompes de Puzzle Bobble; plus tard, ses Flip Shot et Band Bead s'inspireront du grand Windjammers sans aucune vergogne. Cerise sur le gâteau, en 96, l'éditeur sort son premier jeu de versus fighting: Breakers. Et devinez de quoi se sont inspirés les programmeurs? Street Fighter II, bingo! Alors pour cette "suite" sortie deux ans plus tard, l'éditeur nous a gâtés: un nouveau personnage et de nouvelles couleurs pour les décors! Cette fois-ci, le bras d'honneur ne vise plus la concurrence, mais bel et bien les joueurs!

J'exagère un peu certes, mais pas tant que ça si on y réfléchit bien. Il n'y a pas trente-six solutions: soit Visco se paye vraiment notre tête, soit... ce sont d'incorrigibles feignasses. Et perso, je penche plus pour cette solution. En l'espace de deux ans, l'éditeur aurait pu améliorer en profondeur Breakers, qui ne souffrait en substance que d'un roster trop restreint et de musiques bâclées. Le jeu s'en sortait plutôt bien avec une son ambiance, son fun omniprésent et surtout son gameplay captivant. Tout ceci n'a bien entendu pas disparu de ce 'Revenge', mais autant dire que les nouveautés - comme les améliorations - sont quasi-inexistantes. Rien qu'en regardant l'intro, on devine à quelle sauce on va être mangés. La cinématique est exactement la même que dans Breakers, avec une seule et unique image du ninja glissée au milieu des autres. Saizo, le petit nouveau, semble tout droit sorti d'un épisode de Naruto. Il est équipé de tout l'attirail et des attaques du parfait petit ninja, disparitions et invocations comprises. Son design est relativement cool, le personnage est bien animé et possède un éventail de coups assez large.

Seulement, celui-ci dispose de pouvoirs carrément déséquilibrés en comparaison de ceux de ses adversaires. Les duels s'en trouvent parfois peu équitables, et Visco a bien tenté maladroitement de rétablir la balance en rendant quelques-uns de ses special moves moins puissants (ils enlèvent assez peu de vie) mais cela ne change finalement rien au problème. On commence donc mal, avec un "roster balance" qui n'est pas aussi bon que dans le premier opus... qui n'était déjà pas forcément une référence en la matière. Poursuivons avec les portraits des combattants, revus et corrigés: voilà une amélioration dont on se serait volontiers passé. Ceux-ci ont été complètement redessinés dans un style plus que discutable, le graphiste ayant malheureusement fini par découvrir les filtres Photoshop et n'ayant pas hésité à en abuser. Le brave homme nous gratifie ici d'un superbe effet 'crayon de couleur' sur les images de nos héros. Inutile de se mentir ni de tourner autour du pot: le résultat est vraiment pourri, à chier, caca, prout. 

Seul le stage de Saizo trouve grâce au milieu de ces piteuses "améliorations": on se bat sur le toit d'une demeure japonaise en pleine nuit, ce qui n'est pas sans rappeler le Stage de Ryu dans Street Fighter II (décidément!). Côté son et animation en revanche, rien à signaler, c'est identique à ce que l'on connaissait de Breakers, ouf... si je puis dire. Pas de miracle, Visco ne s'est une fois de plus pas trop cassé la tête. Breakers était un bon jeu, Breakers Revenge pouvait difficilement être mauvais, c'est certain. Avec pour unique atout son personnage supplémentaire et un code pour jouer Bai-Hu, le big Boss du jeu, tout ceci ne pèse pas bien lourd dans la balance... surtout si l'on tient compte du fait que les nouveaux portraits sont complètement loupés, et que les nouvelles couleurs pour les décors ont pour la plupart amochés ceux-ci. De plus, on pardonne bien moins volontiers les petits défauts du premier opus alors que deux années se sont écoulées. Allez, Breakers Revenge aurait pu être une véritable tuerie, mais c'est oublier qu'à Visco, on ne force pas trop: doucement le matin, pas trop vite l'après midi.


GRAPHISME

75%

Les changements de couleur des stages de Breakers ne sont pas toujours heureux, alors que le character design a changé... mais pas pour mieux!
ANIMATION 92%
On ne note aucun changement depuis Breakers, mais rendons à César ce qui lui revient, et reconnaissons que l'animation reste un point fort du jeu.
SON 74%
Ici encore aucun changement... C'est donc toujours moyen niveau musiques, mais rehaussé par d'excellents bruitages.
DUREE DE VIE 75%
On passe de huit à neuf personnages sélectionnables, waouh!!! Allez, dix avec le code pour sélectionner Bai-Hu: pas de quoi inquiéter Kof 98 et ses quarante-deux combattants.
GAMEPLAY 89%
C'est toujours aussi fun, un bémol cependant: le seul et unique nouveau personnage déséquilibre sensiblement la balance du roster.

NEOGEOKULT

RATE

80%
Sorti deux ans après Breakers, ce Revenge n'apporte rien: des graphismes aux couleurs moins belles, un nouveau guerrier qui déséquilibre le roster, et un design des portraits carrément à chier. Le mieux est parfois l'ennemi du bien!

QUALITÉ/PRIX (2012)

A ce chapitre, Breakers Revenge fait plus fort que son aîné: disponible en conversion pour 200 euros environ, c'est toujours un peu trop élevé, mais à choisir, c'est mieux que les 500 du premier épisode! Alors laissez-vous éventuellement tenter par ce jeu fun.

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