Reviewed in 2012 by Tibe

TOMATES POURRIES

par Tibe

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Hé les gars, vous n'allez pas me croire! Vous savez quoi? Visco a encore frappé. Si, j'vous jure. Et cette fois-ci, c'est Pop'n'Twinbee qui est victime du maléfique éditeur. Celui-ci réalise le premier clone du jeu de Konami/Palcom sur la console SNK, et quelque part c'est assez bien vu, car la Neo Geo n'avait reçu aucun titre de ce genre auparavant. Les seuls shoots verticaux existants étant tous beaucoup plus 'sérieux' (Strikers 1945 Plus, ASO II, Ghost Pilots, sans oublier Aero Fighters 2 et 3). Le héros s'apelle Captain Tomaday, et c'est une tomate volante née d'un accident de laboratoire. Ah, vous voyez! Mon éditeur favori a mis ses meilleurs éléments sur le coup, et ceux-ci ont planché comme des malades sur ce scénario digne des meilleurs daubes de Walt Disney, accouchant d'un personnage principal au charisme fou. Oh que oui, au minimum aussi charismatique que Pielle de Breakers. Vous savez, ce combattant qui ferait passer Geese Howard pour un travelo.

Dès les premières secondes, on pense inévitablement à Pop'n'Twin Bee.
Dès les premières secondes, on pense inévitablement à Pop'n'Twin Bee.

Nous voici donc aux prises avec un shooter vertical jouable à deux simultanément, pas spécialement manic, pas spécialement tactical, mais bel et bien dans l'esprit de Pop'n'Twinbee ou de Parodius: des ennemis volumineux, un rythme et une intensité variables, accompagnés d'une ambiance loufoque et enfantine omniprésente. Captain Tomaday sort en 1999, et celà a plusieurs incidences: d'une part, le Shoot them Up et la Neo Geo n'intéressent plus qu'une élite de rétrogamers à cette époque, et surtout, la console de SNK a accueilli ses plus gros softs en la matière les années précédentes. Le titre de Visco se mesure donc involontairement à quelques sacrées pointures comme Blazing Star, Prehistoric Isle 2 ou encore Strikers 1945 Plus. Captain Tomaday n'a droit qu'à une release MVS, et encore, bien peu auréolée de succès dans les salles de jeu. Si la firme avait sorti son jeu avant 95, le verdict aurait pu être singulièrement différent et le portage sur AES plus évident. Et oui, le verdict concernant ce joli petit shoot s'annonce plutôt cinglant. 

La forme "singe lanceur de bananes" est assez efficace contre ce Boss.
La forme "singe lanceur de bananes" est assez efficace contre ce Boss.

Captain Tomaday a quelques qualités, c'est indéniable: le jeu est mignon, tout plein de couleurs et de sprites joliment dessinés. Les décors sont réussis aussi, pas de problème de ce côté-là. La bande son est rigolote, de bonne qualité, il faut le dire, même si ce n'est ni du Viewpoint, ni du Pulstar, loin s'en faut. L'atmosphère enfantine autorise certaines fantaisies, mais dans le genre Parodius faisait nettement mieux. Le gros point noir du titre, c'est en fait son animation. Les ralentissements sont particulièrement désagréables car ils interviennent la plupart du temps sous forme de 'lags', saccadant l'action de manière très déstabilisante. Seul, il y en a déjà pas mal, mais alors à deux, c'est carrément insupportable. Pourtant, on ne peut pas dire que l'écran soit surchargé de tirs ou qu'on ait droit à des sprites énormes... on a déjà connu bien des shoots aux écrans ultra-chargés ne ralentissant pas sur ce système, alors voir Captain Tomaday ramer avec une dizaine de mini-courgettes volantes à l'écran reste un grand mystère.

Les ralentissements sont nombreux sur ce genre d'écran.
Les ralentissements sont nombreux sur ce genre d'écran.

De toute façon, le jeu de Visco n'avait rien de très extraordinaire à nous proposer. Captain Tomaday dure en tout et pour tout vingt-cinq minutes du début à la fin, ce qui est court pour un Shoot them Up. Pour couronner le tout, on n'a pas spécialement envie d'y revenir, parce que matraquer A et B en alternance - pour lancer poing gauche ou poing droit alternativement - n'est pas très intéressant, parce que la difficulté est trop mal répartie (passages excessivement faciles et d'autres trop difficiles), et puis enfin parce que ces lags intempestifs sont vraiment pénibles. Avec un gameplay et une durée de vie qui ne relèvent bien évidemment pas le niveau, difficile pour notre tomate pourrie de faire bonne figure sur la Neo Geo: tout au plus, Captain Tomaday surnage juste-au dessus de la moyenne, se positionnant juste un cran au-dessus des daubes infâmes du jeu vidéo.


GRAPHISME

76%

Décors et ennemis mignons exploitant bien la palette de couleurs et la finesse de la Neo Geo, avec des niveaux manquant toutefois un peu de longueur, le tout dans un esprit enfantin et simpliste.
ANIMATION 55%
Si l'ensemble est animé de manière fluide, on regrette que cette fluidité ne dure pas d'un bout à l'autre du jeu: CT est truffé de ralentissements sous forme de lags extrêmement désagréables!
SON 69%
Dans l'esprit des graphismes, la bande son est mimi et de bonne qualité, mais là encore, rien d'étourdissant...
DUREE DE VIE 51%
Environ vingt-cinq minutes pour boucler le jeu (ralentissements inclus), avec une difficulté en dents de scie et une pénibilité qui donne peu envie d'y remettre les pieds!
GAMEPLAY 59%
Sans tous ces ralentissements, la note aurait été moins sévère. Là, non seulement le fond même du jeu n'est pas extraordinaire, mais l'on a envie de jeter le stick par la fenêtre avec ces lags incessants!

NEOGEOKULT

RATE

57%
Loin de briller parmi les références de la Neo Geo, Captain Tomaday se contente d'être mignon et relativement inintéressant.

RAPPORT QUALITE/PRIX

Jamais sorti en AES (cette fois-ci on ne se demande pas pourquoi), le possesseur de Neo Geo devra se tourner vers la convert de Captain Tomaday, trouvable à 150/200 euros selon la qualité de fabrication. Un bon conseil: passez votre chemin!

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