Reviewed in 2012 by Tibe

NANAR A LA JAPONAISE

par Tibe

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Eight Man est la seule et unique adaptation en jeu vidéo du manga éponyme, qui reste une série mythique pour beaucoup de japonais. Créé en 1963 par Hirai et Kuwata, cette oeuvre est la première fiction mettant en scène un super-héros cyborg. Elle a indubitablement inspiré Robocop et d'autres personnages cybernétiques de la culture occidentale. Le professeur Tani essaie de mettre au point le premier homme-robot, en récupérant des personnes décédées dans son laboratoire et les assemblant avec un équipement de haute technologie. L'expérience a déjà échoué sept fois: c'est avec le cadavre du détective Yokoda que le savant va enfin parvenir à ses fins, donnant vie à Eight Man. Notre héros, capable de réflexes surhumains, de se déplacer à la vitesse du son, et doté d'aptitudes exceptionnelles au combat, traque le crime et l'injustice à travers le Japon des années soixante.

Les décors post-apocalyptiques sont tout juste corrects...
Les décors post-apocalyptiques sont tout juste corrects...

Le jeu, développé par l'équipe Pallas (2020 Super Baseball), prend place dans une cartouche de 46 mégas. C'est un Beat them Up un peu spécial, dont les déplacements se font sur une seule ligne, à la Vigilante. Eight Man la joue résolument old-school, mélangeant plate-forme/action et jeu de baston. D'ailleurs, les personnages ne disposent que d'une panoplie de mouvements très limitée: on peut se baisser, sauter, frapper avec A, faire une glissade avec bas+B, frapper vers l'arrière avec A+B, et déclencher une attaque spéciale avec C. Pas d'armes à ramasser, pas de véhicules à conduire, pas d'éléments du décor à détruire. Des capsules peuvent toutefois être collectées, procurant des 'Specials' supplémentaires (B), de la vie (L) ou permettant d'augmenter la puissance de nos Eight-Men (P). Des sphères '8' (prononcer eight) rendent notre personnage invincible pendant un instant, mais celles-ci sont assez rares. Il s'agit donc tout simplement de péter la gueule à tout ce qui se présente: tanks, hélicos, ninjas, robots et autres bestioles farfelues. 

Les phases à scrolling rapide sont assez prenantes...
Les phases à scrolling rapide sont assez prenantes...

Les quatre mondes du jeu se décomposent en dix-huit stages, alternant les phases de baston classique -intégrant un peu de plate-forme- avec les phases de jeu à scrolling rapide, ainsi que les difficiles affrontement avec Boss et sous-Boss. L'action se montre vite répétitive et fastidieuse, avec des ennemis redondants du début à la fin du jeu, des schémas d'attaques adverses se répétant des centaines de fois, et des Boss que l'on retrouve d'un niveau à l'autre sans grande originalité. Les héros ne disposent même pas de prises au corps à corps ou de combinaisons de coups, c'est dire à quel point Eight Man montre vite ses limites. De plus, le jeu se révèle exagérement difficile, avec des hitbox trop grandes et imprécises, une action peu intuitive et frustrante, et même carrément fouillis lorsque l'on joue à deux simultanément. Pour couronner le tout, SNK nous gratifie d'une durée de vie de trente minutes en tout et pour tout: ce n'est pas très long, à l'instar de beaucoup de Beat them Up, mais Eight Man tire son épingle du jeu en gavant suffisament le joueur, pour que celui-ci ne ressorte pas trop souvent la cartouche. 

Terminator a sûrement été une source d'inspiration pour ce Boss.
Terminator a sûrement été une source d'inspiration pour ce Boss.

Je terminerai en vous parlant brièvement de la réalisation, qui n'a vraiment rien de reluisant: une Super Nes bien programmée aurait largement pu en faire autant. Le graphisme est plat et peu varié, avec des arrière-plans qui reviennent régulièrement au cours du jeu. Il y a quelques passages pas trop mauvais, mais l'ensemble des décors est quelconque et les divers sprites, que ce soit les personnages principaux ou les ennemis, ne sont vraiment pas terribles. L'animation n'est pas très élaborée, avec une décomposition en-dessous de la moyenne et des effets pour la plupart indignes d'une Neo Geo ainsi qu'une action souvent confuse. Notons somme toute quelques beaux zooms et des scrollings rapides dans les niveaux où l'on court. La bande son très 'hard-rock' n'est pas géniale, avec une majorité de musiques peu marquantes accompagnées de bruitages sommaires. Eight Man ne restera assurément pas dans les mémoires, avec une réalisation qui n'a pas très bien vieilli et un gameplay totalement dépassé.


GRAPHISME

60%

On est tenté d'être indulgent car Eight Man fait partie des premiers jeux Neo Geo, mais franchement, c'est tout juste digne d'une Super NES!
ANIMATION 64%
On ne déplore pas de ralentissements, mais une animation assez mal faite: décomposition ultra-basique, manque de précision, effets moyens. Seule la vitesse des scrollings est sympa dans les stages rapides.
SON 68%
C'est encore le moins mauvais concernant la réalisation, avec des musiques 'hard-rock' peu inspirées et des bruitages médiocres, mais une qualité élevée grâce au YM2610.
DUREE DE VIE 51%
Le jeu est relativement court avec ses quatre stages, et franchement, rien ne donne très envie d'y revenir.
GAMEPLAY 55%
La difficulté mal dosée, les hitbox trop grandes, l'action souvent 'fouillis' et le peu de variété dans l'action auront bien vite raison de vos espoirs.

NEOGEOKULT

RATE

56%
Eight Man n'était pas un foudre de guerre à sa sortie en 1991, et le temps ne lui a pas fait de cadeaux!

RAPPORT QUALITE/PRIX

Ca ne vaut pas vraiment le coup de payer une centaine d'euros pour jouer à Eight Man, malgré qu'il décline le Beat them Up à une sauce bien particulière.

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