Reviewed in 2011 by Tibe

A STAR IS BORN. . .

par Tibe

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The King of Fighters est probablement la franchise de jeux de baston en 2D la plus connue au monde, juste derrière l'omniprésente série Street Fighter de l'éditeur Capcom. Inaugurant le crossover entre Fatal Fury et Art of Fighting ainsi qu'un nouveau système de combat par équipes, et une profondeur technique révolutionnaire, le jeu fait sensation dans les salles d'arcade en 1994. Fort d'un roster de vingt-quatre personnages, KOF 94 envoie du petit bois: aucun titre concurrent ne propose un tel panel de combattants. S'il est impossible d'éditer sa propre équipe (trois héros pour une team pré-engagée) il est néanmoins toujours possible de jouer en solo, "à l'ancienne". Mais c'est là la grosse innovation de cette nouvelle saga, à savoir d'opposer des équipes de trois guerriers dont certaines comportant les plus célèbres protagonistes des jeux de combat estampillés SNK: KOF 94 réunit les stars des Southtown series, et ce n'est pas rien pour les aficionados.

Le Pao Pao Café est un lieu mythique de la saga Fatal Fury.
Le Pao Pao Café est un lieu mythique de la saga Fatal Fury.

C'est une première dans le petit monde du jeu vidéo de baston, puisque c'est avec The King of Fighters que naît le "crossover". Le principe sera repris à de nombreuses reprises par Capcom, le concurrent de SNK, qui réalisera des séries comme X-Men Vs Street Fighter ou plus tard Capcom VS SNK. En plus des divers VIP des deux sagas, de nouveaux arrivants font aussi leur apparition dans KOF 94. Certains sont tirés d'autres jeux de l'éditeur (Athena vient du jeu éponyme, Heidern, Ralf, et Clark d'Ikari Warriors) ou bien sont tout simplement fraîchement débarqués (Lucky, Heavy D, Brian, Chang, Choi...etc). Les décors du jeu transportent les joueurs aux quatre coins de la planète: Venise, jungle brésilienne, New York, campagne chinoise... Le style, tout en pixel art, se révèle personnel et original. En effet, les graphismes n'ont rien à voir ni avec Fatal Fury, ni avec Art of Fighting: pour les personnages, SNK a misé sur un tout nouveau coup de crayon, re-dessinant tous ses héros dans un genre plus fouillé, plus riche en détail, mélangeant avec brio les deux sagas... sans toutefois proposer des combattants de la taille de ceux de Art of Fighting!

Chin Gentsai pratique la technique de l'homme ivre.
Chin Gentsai pratique la technique de l'homme ivre.

Les plus perspicaces auront aussi noté que les décors de KOF 94 sont parfois relatés à d'autres productions, comme par exemple les canaux de Venise repris de Fatal Fury 2 ou tout simplement le Pao Pao Café, découvert dans Fatal Fury. L'animation est bien faite, avec de nombreuses étapes offrant un rendu bien décomposé. On regrettera par contre une légère raideur chez les personnages, mais l'on s'en rend compte aujourd'hui car nous avons des jeux de la saga plus récents pour faire la comparaison. Pour l'époque, c'est du très haut niveau. Musicalement, on retrouve les thèmes épiques des sagas FF et AOF, réorchestrés avec maestria (qui? non laisse tomber...). Bruitages et digits vocales répondent présent également. Les impacts des coups ne sont pas mes préférés (nettement améliorés à partir de l'opus 96') mais restent de bon ton. Le gameplay? c'est le point fort, la clé de voûte de la saga. Combos, furies, contres, esquives, timing précis... Tout en étant le King of Fighters le plus simple de tous, le plaisir de jeu est y est toujours intact.

En arrière plan, des supporters bien connus des fans de Fatal Fury!
En arrière plan, des supporters bien connus des fans de Fatal Fury!

Chaque décor propose une petite introduction animée, détail qui ravit généralement les aficionados de ce genre de jeu, et signalons aussi que la plupart de ces stages sont riches en petites animations, détails et clins d'oeil à d'autres titres. Le character design, relativement sobre, est une grande réussite, et orchestre un savant mélange de Art of Fighting et Fatal Fury en une symbiose remarquable. Je n'ai pas encore parlé de la durée de vie... et avec vingt-quatre personnages au compteur, vous vous doutiez que c'est un modèle du genre. Les combos sont légion, les coups de base et coups spéciaux également. Attention toutefois, il faudra un timing strict et de la précision pour les réaliser convenablement! Si les parties en solo ne sont pas évidentes au départ, le versus, à l'instar des grands softs de baston de Capcom et SNK, promet de très nombreuses heures d'intense castagne, ainsi que cette fois-ci, une marge de progression jamais vue dans un jeu de baston.

 

R (...)


GRAPHISME

92%

Les graphistes ont tout repris à zéro: plus "réaliste" et encore plus détaillé, le style ravira les amateurs de 2d authentique. Seul bémol, peu de décors!
ANIMATION 90%
C'est fluide et rapide, mais un peu raide. Les décors sont particulièrement vivants, et les effets visuels simples mais de bonne qualité.
SON 89%
Sans être le summum de ce que l'on a connu sur la machine, l'ensemble sonore conjugue qualité et style.
DUREE DE VIE 97%
Roster de vingt-quatre combattants passionnants à maîtriser et possibilité de jouer des équipes de trois personnages: le must en 1994.
GAMEPLAY 95%
Un régal de précision et de rapidité: le gameplay est tout neuf et peu sembler déroutant, mais se révèle d'une richesse alors inégalée en 1994.

NEOGEOKULT

RATE

94%
Le premier jeu d'une longue série à succès, qui rend un peu de sa gloire à ses successeurs, mais reste un jeu de baston de grande valeur.

RAPPORT QUALITE/PRIX

Disponible pour une trentaine d'euros en moyenne, vous ne gaspillerez pas votre argent en investissant dans ce monument du jeu de baston!

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