Reviewed in 2012 by Tibe

MARTEAU-PILON A TOKYO

par Tibe

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On vous avait pourtant prévenus: à force de ne pas trier vos déchets et de rouler dans des Citronault Pipo ultra-polluantes, vous avez fini par pourrir la planète. Le monde est devenu une immense poubelle, et tout cela vous retombe finalement sur la gueule: la déchéance engendrée par la race humaine a fini par créer des monstres, des créatures dont les gènes ont muté, mesurant plusieurs dizaines de mètres et dotées de pouvoirs surnaturels. Et tels les rêves précognitifs évoqués par Lovecraft et Clarke, ces colosses ont pris la forme d'entités mythologiques. Côté japonais, on a Astro Guy qui n'est autre qu' Ultraman revenu à la vie, alors que Geon ressemble comme deux gouttes d'eau à Godzilla. Côté 'comics', Woo est un gorille géant échappé de la jungle et Rocky un élémental de pierre à la 'The Thing' des quatre fantastiques. Il y a également Poison Ghost, une entité de morve tout à fait ragoûtante, et puis Beetle Mania, un insecte géant tout aussi dégueulasse.

Vous avez mis un beau bordel dans le centre de Kyoto, bravo!
Vous avez mis un beau bordel dans le centre de Kyoto, bravo!

SNK nous gratifie avec King of the Monsters d'un savant mélange entre jeu de monstres bourrin (à la Rampage) et jeu de catch débile. Intellectuels, passez votre chemin! Il est possible de jouer en solo ou à deux contre la machine, mais aussi en tête à tête entre 'humains'. Vous l'avez compris, on choisit notre affreux préféré dans un roster de six personnages: ce n'est pas trop mal pour un soft de 1991. L'action se déroule dans six grandes villes japonaises: Tokyo, Okayama, Kobe, Osaka, Kyoto, et Hiroshima bien évidemment. Chacun de ces stages est décliné en deux versions différentes, on a droit par exemple à Kyoto en été ou enneigé, ou bien Hiroshima de jour ou de nuit, portant le total de décors à douze, en tirant un peu par les cheveux. Douze, c'est le nombre de combats qu'il faudra remporter pour terminer le jeu... et ce ne sera pas une sinécure, parce que KOTM est bien difficile. Rassurez-vous, pas autant que le second opus, ouf!

La zone industrielle d'Okayama est un terrain de jeu très fun!
La zone industrielle d'Okayama est un terrain de jeu très fun!

Le gameplay 'catch' est irréprochable, avec une gamme de mouvements complète: on peut frapper à coups de poings ou de pieds, courir, sauter, et bien sûr effectuer tout un tas de prises au corps à corps variées (chaque monstre en a quatre différentes). En effectuant ces techniques, on libère des sphères 'P' qui font évoluer les créatures au bout de dix collectées. Il est aussi possible de porter le fameux coup de la corde à linge, de lancer les ennemis dans les cordes, de donner des coups au sol, ou bien encore de récupérer les véhicules des malheureux humains pour les lancer sur nos adversaires: tanks, trains, chasseurs, avions de ligne et autres. Cerise sur le gâteau, chaque bébête dispose d'une attaque spéciale qu'il faut charger avec A+B. Par exemple, Woo lance une superbe boule d'énergie, Geon crache du feu, Poison Ghost propulse son bras extensible... la puissance de celle-ci dépendant du niveau de votre lutteur. Tout cela laisse pas mal de possibilités et un bon moment à passer pour découvrir le jeu, d'autant plus qu' à deux, les stratégies pour gagner sont nombreuses!

Pour un jeu sorti en 91, KOTM offre une réalisation de haut niveau.
Pour un jeu sorti en 91, KOTM offre une réalisation de haut niveau.

L'éventail de coups est plus que correct, mais le gameplay trouve vite ses limites: chaque combattant se joue de la même manière, tous étant 'standardisés' avec des attaques et prises semblables. Ceci étant dit, il est particulièrement jouissif de raser des villes entières en s'amusant, spécialement lorsque l'on explose la tronche d'un adversaire contre un building ou qu'une souplesse arrière se termine sur le château d'Osaka! Les graphismes des cités nippones en perspective sont beaux et richement fournis en détails et animations. Les monstres sont bien faits, de taille toutefois assez moyenne et tout juste correctement animés. Mais c'est la bande son qui impressionne le plus: les six thèmes du jeu sont très originaux, inspirés et magistralement orchestrés. Les bruitages ne sont pas à la rue non plus, avec des digitalisations et effets parfaitement choisis. Largement meilleur que sa suite, King of the Monsters est un jeu très attractif, diablement fun, tout en proposant une réalisation bien ficelée pour des parties en coop délirantes!


GRAPHISME

83%

Les six villes sont déclinées en deux versions chacunes. Les stages en perspective sont assez grands et surtout très bien dessinés, avec un niveau de détail remarquable. Seuls les personnages auraient mérité d'être un poil plus grands.
ANIMATION 79%
King of the Monsters fourmille de petit détails animés, et tout est très bien réalisé. Par contre, l'animation des monstres est tout juste dans la moyenne.
SON 92%
G-E-N-I-A-L ! Les bruitages sont variés et bien choisis, mais les musiques sont le point culminant: originales, fun et prenantes!
DUREE DE VIE 81%
Il y a six monstres différents, un défi intéressant à relever en solo, le jeu à deux contre la machine et aussi l'un contre l'autre: ce n'est pas trop mal!
GAMEPLAY 76%
KOTM est fun et prenant, avec une bonne variété de coups et prises pour chaque personnage. Dommage qu'ils se jouent tous de la même manière et que l'action soit parfois répétitive.

NEOGEOKULT

RATE

80%
SNK réalise avec King of the Monsters un des meilleurs jeux de monstres géants jamais vus: beau, fun et original!

RAPPORT QUALITE/PRIX

Avec une version Dog-Tag à moins de cinquante euros, King of the Monsters vaut le coup d'être acheté: si vous ne l'avez jamais testé, la découverte sera très agréable, et pour les autres, le jeu à deux est l'occasion de bien s'éclater!

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