Reviewed in 2011 by Tibe

AIGUISEZ VOS LAMES!

par Tibe

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SNK ayant clairement fait des versus fighting son cheval de bataille dès 1991, l'éditeur s'est fait fort de concurrencer son rival Capcom sur ce terrain. Et si l'objectif est particulièrement valable en arcade avec le MVS, il l'est aussi à moindre échelle sur la Neo Geo AES: au vu du nombre de cartouches de Street Fighter II vendues sur Super Nintendo, SNK souhaite probablement exploiter aussi le filon. C'est chose faite, cette année même, avec les dernières séquelles de Fatal Fury et Art of Fighting, qui se sont très bien vendues sur la Neo Geo et ont connu un retentissant succès en arcade. Mais l'éditeur va faire encore plus fort avec Samurai Shodown, aka Samurai Spirits: proposer un jeu d'une qualité exceptionnelle d'un concept totalement nouveau. Introduisant pour la première fois dans un jeu de baston des armes blanches, le nouveau bébé de l'éditeur va faire sensation dans les salles de jeux, reléguant le hit de Capcom au rang de relique bonne pour le musée. 

Lorsque votre barre de Power est pleine, votre puissance est décuplée.
Lorsque votre barre de Power est pleine, votre puissance est décuplée.

Véritable succès commercial en 1993, Samurai Spirits mérite amplement ce plébiscite. Le jeu est une réussite en tous points, comme nous allons le voir dans les lignes qui suivent. Commençons par sa réalisation: les graphismes, retranscrivant à merveille l'ambiance du temps des samouraïs,  nous font faire le tour du monde chez chacun des douze guerriers du jeu. France, Etats-Unis, Chine, Japon, Amérique du Sud... Tous les décors sont extrêmement aboutis, de même que les personnages. Chacun d'entre eux a un style de combat qui lui est propre, les rendant tous très différents et intéressants à jouer. Du spectaculaire Tam-Tam au sublime Ukyo, en passant par l'ignoble Gen-An ou le mystérieux Hanzo... les armes blanches sont à l'honneur: sabres, fleurets, faucilles, nantos... et certains guerriers utilisent même des animaux dressés au combat, pour tuer leurs adversaires. Autre particularité, le soft utilise un système de zoom "hard" très réussi pendant les affrontements, ce qui permet de s'éloigner considérablement de l'adversaire pour préparer une attaque ou se replier en défense. 

Earthquake est énorme, mais Ukyo est trop technique pour lui.
Earthquake est énorme, mais Ukyo est trop technique pour lui.

Il en résulte à l'inverse qu'en combat rapproché, les sprites sont de très belle taille, voire énormes pour certains (je pense particulièrement à Earthquake!). L'animation des personnages est belle et décomposée, c'est une réussite pour l'ensemble des guerriers. Mais alors concernant la partie son, c'est l'apothéose! Bruits de lames, tranchages, impacts et cris sont d'une qualité encore jamais vue à l'époque. Les musiques accompagnent diablement bien les combats, entraînantes et particulièrement stylées. Du côté gameplay proprement dit, les quatres boutons sont utilisés, plus deux combinaisons de deux: il y a trois niveaux de puissance pour les attaques au sabre et trois pour les coups de pied. Il est possible de courir, esquiver, faire des prises au corps à corps, mais également d'affronter l'adversaire lame contre lame. Duel au cours duquel l'un (ou les deux) des rivaux peut se retrouver désarmé. Il est donc aussi possible de se battre avec ses poings, mais c'est bien plus risqué! Parer un coup d'épée avec une garde à mains nues provoque des dégats importants. 

Gen-An le fourbe griffe allègrement le visage de Jubei.
Gen-An le fourbe griffe allègrement le visage de Jubei.

Cerise sur le gâteau qui ravira sans nul doute les amateurs d'hémoglobine et de films gore, il est possible de terminer les combats de manière dramatique en coupant en deux l'ennemi ou en lui tranchant un point vital, qui résultera en une agonie des plus tragiques. Certains éléments des décors peuvent être détruits, et l'on a aussi droit à un laquais courant derrière nos combattants qui envoie de la nourriture, des bonus ou des bombes pendant le combat: histoire de mettre un peu de piquant! Samurai Spirits fût un véritable coup de massue en son temps. Réalisation irréprochable, gameplay richissime et prenant, zooms puissants, ambiance gore et sanglante... sans compter le roster de douze personnages variés! Quant le titre fit son apparition tant en arcade que sur la console, ce fût une révélation pour beaucoup d'amateurs de jeux de baston, découvrant une alternative de choix à SFII, en un jeu de versus fighting très différent de ce que l'on connaissait jusqu'alors. Un véritable chef d'oeuvre, et un coup de maître de SNK.


GRAPHISME

96%

Des guerriers grands et finement dessinés, des décors sublimes et variés utilisant à merveille la palette de la Neo Geo: tout simplement le haut du panier en 1993.
ANIMATION 95%
Les zooms sont parfaitement gérés et les personnages sont animés de manière fluide et rapide.
SON 97%
Stylés, les thèmes sont accrocheurs et collent parfaitement au pugilat! Quant aux bruitages, ils sont idéalement choisis, d'ailleurs la plupart seront gardés dans les opus suivants.
DUREE DE VIE 92%
Douze persos différents, une difficulté élevée pour un bon challenge en solo, et des affrontements interminables à deux joueurs.
GAMEPLAY 96%
Totalement novateur grace à l'introduction des armes blanches, Samurai Spirits apporte du sang neuf au monde du jeu de combat!

NEOGEOKULT

RATE

95%
Samurai Spirits est original et somptueusement réalisé: un coup de maître de la part de SNK.

RAPPORT QUALITE/PRIX

Indispensable! Il ne faut qu'entre vingt et trente euros pour acquérir ce chef d'oeuvre... C'est bien plus abordable que les 1790 francs que coutait cette merveille à sa sortie, et que les milliers de joueurs ont investi alors... N'hésitez pas!

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