Reviewed in 2012 by Tibe

DES CANASSONS DANS VOTRE 24-BITS!

par Tibe

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Vous êtes un perpétuel révolté de la casualisation de l'industrie vidéoludique? Vous vous plaignez sans arrêt du manque d'originalité affligeant qui mine le monde du jeu vidéo depuis des décennies? Ou bien peut-être en tant que rétro-gamer de la Neo Geo, vous en avez plus que marre de cette ludothèque débile, composée en majorité de jeux de baston bourrins? Et bien voilà mes chers joueurs, avec Saurus, il n'y a qu'à demander! Question originalité, je pense que les non-japonais qui vont lire ce test vont être servis, et bien servis même. Un bon gros jeu de canassons, que pouviez-vous espérer de plus? Sponsorisé par les charismatiques Guy Marchand et Omar Sharif, Stakes Winner de Saurus fait son apparition sur Neo Geo en 1995, dans un bel écrin de quatre-vingt dix-huit mégas, pile-poil. Il fallait au moins ça pour contenir toutes les belles pelouses et tribunes du jeu, ainsi que ses chevaux tous très différents les uns des autres.

Si on s'attendait un jour à jouer aux chevaux sur Neo Geo...
Si on s'attendait un jour à jouer aux chevaux sur Neo Geo...

Alors moi je veux bien être sévère, garder un esprit critique pour les tests et toussa, mais là, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'éditeur Saurus ne s'est pas foutu de vous les amis. A l'époque, pour seulement mille quatre-cent quatre-vingt dix francs ou la vente de l'un de vos reins, au choix, vous pouviez devenir l'heureux possesseur de Stakes Winner sur Neo Geo AES. Alors autant vous dire que tout le monde est passé à côté des subtilités de ce titre exceptionnel, puisque le soft s'est très peu vendu, pour des raisons encore incompréhensibles aujourd'hui. Résultat, maintenant qu'avec le temps, vous avez tous compris à côté de quoi vous étiez passés, la cote du jeu s'envole. Imaginez plutôt, les quelques andouilles ayant acheté la version US du jeu se trouvent désormais en possession d'un exemplaire valant à peu près deux mille euros. Le bon goût est enfin récompensé, dans ce monde qui marche sur la tête.

L'entraînement permet d'améliorer les performances du canasson.
L'entraînement permet d'améliorer les performances du canasson.

Pour être franc, je n'avais encore jamais joué à un jeu d'arcade de course de chevaux, ni même sur console de salon ou PC, et encore moins sur une quelconque application pour téléphone portable. Je me dis d'ailleurs qu'il n'y a vraiment que les japonais pour pondre un truc pareil, enfin je veux dire, fallait y penser quand même. Au départ, le choix vous est donné entre plusieurs destriers aux caractéristiques différentes. Trois valeurs sont représentées: vitesse (Speed), endurance (Stamina) et force (Strength). La vitesse mesure la vitesse de pointe, l'endurance la capacité à courir vite plus longtemps, et la force la vitesse de croisière du canasson. En matraquant régulièrement le bouton A pendant la course, on maintient une certaine vitesse, alors que B permet de cravacher pour atteindre des allures plus élevées. Attention à la jauge d'endurance, à vous de bien gérer les capacités de votre cheval. On peut aussi pousser les autres chevaux (->->) ou ralentir le bourrin (<-<-) au besoin.

A vous de bien gérer les ressources pour l'emporter lors du sprint.
A vous de bien gérer les ressources pour l'emporter lors du sprint.

Le jeu, passionnant d'un bout à l'autre, se résume à enchaîner les courses à dos de canasson, ponctuées par des bonus stages dans lesquels il est possible d'améliorer les capacités de son coureur. Les épreuves varient en longueur et en difficulté, mais autant être franc, malgré toutes ces subtilités, l'action se montre très, très répétitive. Jouer à deux simultanément n'apporte absolument rien, se limitant à courir chacun pour sa pomme l'un à côté de l'autre, sans interactions particulières. Le gameplay vous l'avez compris est diablement limité, et l'action, si elle est prenante pendant les premières courses jouées, finit invariablement par prendre la tête. Ce ne sont ni les graphismes ni la bande son qui viendront rompre la monotonie, avec du vert partout tout le temps et les mêmes thèmes musicaux tournant en boucle. Finalement, Stakes Winner n'a pour lui qu'une certaine originalité, et même si Saurus nous pond une réalisation 'décente', on ne voit pas comment l'éditeur aurait pu rendre un tel jeu plus intéressant.


GRAPHISME

59%

J'espère que vous aimez le vert? Les environnements sont peu variés et le trait simpliste, tout juste digne d'une Neo Geo, et encore...
ANIMATION 75%
Les galops sont bien décomposés et l'action est rapide, avec des scrolling pas trop mal gérés.
SON 53%
On a droit aux mêmes thèmes d'une course à l'autre, c'est à  se taper la tête contre les murs! Les bruitages sont cependant amusants, et la qualité globale médiocre.
DUREE DE VIE 48%
Répétitif et bien limité, Stakes Winner vous amusera le temps d'une partie, c'est à dire vingt minutes. A part un fan de courses de chevaux, je ne vois pas bien qui y passera plus de temps!
GAMEPLAY 42%
De bonnes idées sont présentes, comme les stages bonus et les différents chevaux sélectionnables. Par contre, l'action est ultra-limitée et l'on se fait rapidement chier. Mais pouvait-il en être autrement?

NEOGEOKULT

RATE

47%
Un jeu vidéo de courses hippiques sur la Neo Geo, la console reine des jeux de baston: ça c'est une idée!

RAPPORT QUALITE/PRIX

Avec une AES dont la côte ne cesse de grimper, Stakes Winner a tout pour repousser les joueurs: un prix exhorbitant et un intérêt très, très limité (à part peut-être pour Omar Sharif).

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