Reviewed in 2010 by Tibe

POEMES ET BOUQUETS DE ROSES

par Tibe

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Nous sommes en 1989. Le Beat them Up est un genre très en vogue, Kung Fu Master l'ayant brillamment inauguré en 1984, suivi par d'autres titres remarquables comme Renegade, puis le très célèbre Double Dragon qui a considérablement popularisé ce style de jeu. Puis vinrent les titres d'autres éditeurs inspirés, tel Irem avec son Vigilante, et SNK/Alpha Denshi avec Gang Wars et Prisoners of War. Capcom de son côté n'est pas resté sur le bord du chemin, une fois n'est pas coutume, et frappe très fort avec ce titre qui va littéralement renouveler le genre et définir de nouveaux standards. La fille de Mike Haggar, maire de Metro City, a été kidnappée. Le gang Mad Gear exige du maire qu'il ferme les yeux sur leurs petits trafics, sans quoi ils la liquideront. C'est alors que Haggar contacte Guy et Cody, deux spécialistes en arts martiaux, pour leur demander de lui prêter main forte en allant corriger ces quelques malotrus. Le jeu vous donne le choix dès le départ entre ces trois personnages, disposant chacun d'une technique de combat et d'une gamme de coups et de prises qui leur sont propres.

Cody et Haggar arpentent Metro City à  la recherche de Jessica.
Cody et Haggar arpentent Metro City à la recherche de Jessica.

Techniquement, la concurrence est bien larguée: les excellentes capacités du CPS permettent à Capcom de réaliser des graphismes nettement au-dessus de tous ceux de la concurrence. Les décors de Final Fight sont beaux et variés, car on traverse tout Metro City et le joueur peut découvrir au gré de coups de boules et high-kicks les rues mal famées, le métro, les égouts, les bars et le bord de mer. Les sprites sont tout aussi réussis et d'une taille imposante, autant dire les plus gros jamais vus dans ces jeux-là jusqu'alors. L'animation n'est pas en reste, détaillée et fluide pour Haggar, Guy et Cody. Ce n'est cependant pas le cas des ennemis, dont on pourrait penser que certains sont en proie à de fortes constipations, mais bon... N'étant là que pour faire office de punching-balls, ça n'est pas un détail très important. La bande son propose des bruitages parfaitement choisis, quelques digits vocales - un peu grésillantes - et des musiques qui collent bien à l'action. Ce n'est pas le point fort du jeu, loin de là, comme souvent avec le CPS.

Poison place un middle-kick par-derrière au pauvre Guy!
Poison place un middle-kick par-derrière au pauvre Guy!

Non, le point fort de Final Fight, c'est le gameplay. Le jeu est souple, les commandes agréables, le débit d'ennemis ni trop grand, ni trop faible. Tout est millimétré et on s'amuse comme des petits fous, du début à la fin du jeu. La palette de coups de chaque combattant est assez vaste pour ne jamais s'ennuyer: on peut varier les attaques, effectuer des projections, prises, combinaisons... Tout au long du parcours, on trouve aussi des armes très diverses (barre de fer, tuyau, couteau, sabre, etc...) et beaucoup d'éléments du décor qui peuvent être détruits ou utilisés. Capcom réussit à rendre le jeu le moins linéaire possible, et on a même droit à des bonus stages entre certains niveaux, la grande classe! On reconnaît bien là le souci du détail et la minutie des programmeurs de la firme. Finir Final Fight prend une cinquantaine de minutes à un joueur expérimenté: en venir à bout en 1CC demande du doigté et une parfaite connaissance des phases délicates du jeu. 

Projeter un ennemi sur d'autres vous permet de temporiser un peu.
Projeter un ennemi sur d'autres vous permet de temporiser un peu.

Quelques passages sont un peu répétitifs, un peu comme dans n'importe quel autre jeu de ce genre me répondrez-vous, mais dans l'ensemble, on s'éclate du début à la fin à mettre des mandales et exécuter de spectaculaires prises de catch. Final Fight fait vraiment très fort: même si le titre était sorti bien des années plus tard, il aurait toujours été un hit en puissance parmi une concurrence virulente. Tous les ingrédients qui font qu'un Beat them Up est fun, prenant et réussi sont de la partie. Souvent copié, jamais égalé, voilà ce que l'on pourrait dire de ce remarquable soft: à l'instar de Street Fighter II, celui-ci pose de nouvelles bases dans le monde du jeu de baston. On pourra toujours lui trouver quelques petits défauts: ennemis trop redondants, digits grésillantes, passages un peu linéaires... Mais ce ne sont que quelques détails qui n'altèrent en rien le gameplay en béton armé, et la réalisation haut de gamme de cette perle du Beat them Up.


GRAPHISME

95%

Nous sommes en 1989, rapellons-le, et la concurrence est complètement distancée sur cet aspect technique. Le jeu est beau, finement dessiné, les décors sont variés. 
ANIMATION 90%
Les personnages principaux ont une démarche fluide et décomposée, on ne peut pas en dire autant de tous les ennemis, mais dans l'ensemble c'est excellent.
SON 82%
Bruitages et musiques sont simples et de qualité moyenne, limités par les capacités faibles du CPS à ce niveau... mais soutiennent très convenablement l'action.
DUREE DE VIE 80%
Une cinquantaine de minutes pour en venir à bout, c'est assez long pour un Beat them up en 1989!
GAMEPLAY 97%
Il ne manque rien: coups variés, prises, armes à ramasser, différents coups sautés, jeu à deux, bonus à collecter... La référence!

NEOGEOKULT

RATE

93%
Doté d'un plaisir de jeu qui a rarement été égalé, Final Fight reste un Beat them Up de référence, vingt ans après.

ET SUR NEO GEO?

Burning Fight est le clone de Final Fight réalisé par SNK sur la Neo Geo en 1991. Celui-ci est un cran en dessous du hit, mais reste un Beat them Up très honnête, bien fun à deux. 

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