Reviewed in 2011 by Tibe

AMES SENSIBLES S'ABSTENIR

par Tibe

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Voici messieurs dames, le test du jeu qui a provoqué mille sept-cent quatre-vingt douze attaques cérébrales et sept-cent soixante-quatre crises cardiaques de membres de l'association "Familles de France". Sans compter les dommages collatéraux... Mortal Kombat de Midway, c'est un peu l'école de la vie, l'introduction du gore et du malsain dans le jeu vidéo de la plus belle des manières, avec le combat singulier à armes égales. En 1992, le Versus Fighting est un genre qui monte et les références dans le domaine sont encore peu nombreuses. Capcom est numéro 1 avec Street Fighter II, alors que SNK prépare pour la fin de l'année deux hits, Art of Fighting et Fatal Fury 2, qui vont envoyer du petit bois. Midway va à son tour frapper fort avec son Mortal Kombat, très fort... et toucher beaucoup de joueurs grâce a de bonnes idées. L'éditeur choisit clairement de ne pas copier les autres, et réalise un jeu assez différent de ses concurrents. Celui-ci utilise une résolution élevée pour l'époque (400x256) et propose des graphismes digitalisés dans une optique "photo-réaliste". Le résultat est bluffant et ne manque pas de personnalité. 

Sonia se fait rectifier le dentier sous l'oeil amusé de Shang Tsung.
Sonia se fait rectifier le dentier sous l'oeil amusé de Shang Tsung.

Les combattants sont réussis et réalistes, mais l'on peut reprocher aux décors d'être assez dépouillés et même simplistes, en plus d'être peu nombreux (cinq seulement au total!)... Mais le point fort graphique du jeu est qu'il est le plus gore de toute sa génération (il sera détrôné par les opus suivants, carrément immoraux et horribles). Le sang est omniprésent dans MK, et le clou du spectacle reste les fatalités. A la fin de chaque combat, la mention 'Finish Him' apparaît: il est alors temps d'effectuer la cruelle manipulation qui va achever de la plus belle manière l'adversaire. Arrachage de tête, crémation, torture... Moult possibilités sont offertes et chaque guerrier possède sa propre spécialité... à vous de les découvrir. La bande son du jeu, que beaucoup trouvent mythique avec sa voix off d'outre-tombe, ses commentaires rudes et les différents cris et hurlements des protagonistes, souffre d'une qualité d'échantillonnage un peu limite. Celles-ci sont bien trop grésillantes et étouffées... Alors certes, c'est ce qui fait leur charme, mais on ne peut que déplorer cette médiocrité.

Les arrière-plans sont généralement assez vides, dommage.
Les arrière-plans sont généralement assez vides, dommage.

Les thèmes sont de vagues nappes d'accompagnement, autant dire que la composition musicale est quasi-inexistante et que l'on n'entend vraiment rien de mémorable. L'ambiance n'en pâtit pas, car le jeu se veut sombre et malsain. MK se rattrape sur l'animation des combattants: c'est fluide, riche de mouvements et décomposé. Les sauts et quelques déplacement sont un peu raides - et même bâclés pour certains, Raiden si tu m'entends - mais le motion capture utilisé ici est néanmoins remarquable, avec un résultat qui fait plaisir à voir. Sur le gameplay, Midway se distingue encore. Deux boutons de coups de poings, deux de coups de pieds et une nouveauté: un bouton pour bloquer. Cette dernière innovation restera peu intuitive pour ceux qui ont appris à jouer avec SF ou Fatal Fury. Les coups de base sont peu variés et les techniques de jeu malheureusement trop limitées. Quant aux coups spéciaux, ils y en a deux par personnage en moyenne, ce qui n'est pas exceptionnel. Sept guerriers sont sélectionnables - huit avec Reptile à débloquer - sans compter Sub-Zero et Scorpion qui sont très semblables, à la manière d'un Ken et d'un Ryu. 

Certaines fatalités sont particulièrement atroces!
Certaines fatalités sont particulièrement atroces!

Le "Battle Plan" en solo consiste en douze combats ponctués de bonus stages où il faudra briser du bois, de la pierre et même du métal. Vous devrez, en plus de vaincre tous les adversaires, gagner des matchs d'endurance contre deux ennemis à la suite, et vaincre les deux Boss: Goro et Shang-Tsung. La durée de vie est bonne et les versus intenses, mais ne nous leurrons pas: outre la bataille en elle-même, l'intérêt principal du jeu et ce qu'en attendent tous les joueurs, c'est de réaliser une fatalité. Amusant, prenant, satisfaisant... mais insuffisant pour faire du soft de Midway un méga-hit au gameplay inoxydable. Avec un roster dans la moyenne, une panoplie de coups un peu juste mais des fatalités à découvrir, une réalisation en demi-teinte mais originale... Mortal Kombat reste un jeu qui a du mérite, et dont les opus suivants ne décevront pas les fans. Ce numéro un fût l'un des grands titres du VS fighting du début des années 90 en arcade, et fit forte concurrence à SFII'. Pour ma part je déplore que l'intérêt voué à ce titre soit en grande partie dû à son côté gore, plutôt qu'à de réelles qualités ludiques doublées d'une réalisation de haute volée.


GRAPHISME

69%

Graphismes digitalisés assez inégaux: des décors trop peu nombreux et vides,mais des persos réussis en revanche!
ANIMATION 85%
Le point fort de MK: c' est rapide et décomposé, seule la souplesse des mouvements en elle-même laisse à désirer.
SON 59%
Les thèmes sont inexistants et aucune composition digne de ce nom ne marque les esprits. Les bruitages sont moyens et les digits vocales nombreuses, mais grésillantes...
DUREE DE VIE 84%
Sept personnages sélectionnables, un tableau de douze combats hyper dur à torcher en solo, des bonus stages, des fatalités à découvrir... C'est très bon!
GAMEPLAY 70%
Les fatalités constituent le centre d'intérêt majeur du soft. Le reste n'est pas mauvais, mais le block avec un bouton est peu intuitif et le jeu peu technique dans son ensemble.

NEOGEOKULT

RATE

73%
Mortal Kombat reste un titre légendaire, mais ses défauts sont plus criants que jamais: graphismes désuets, animations kitsch, musique inexistante... les fatalités et le côté gore du jeu en constituant la principale attraction!

ET SUR NEO GEO?

Le seul VS fighting à base de personnages digitalisés sorti sur la console SNK reste Ragnagard en 1996. Le jeu est sacrément kitsch (en plus d'être une sacrée daube) et ne propose pas de fatalités ni une atmosphère aussi gore que le titre Midway.

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