Reviewed in 2015 by Tibe

AMIS DU GORE, BIJOR!

par Tibe

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Si vous êtes nés dans les années soixante-dix ou quatre-vingt, les films comme Vendredi 13, Halloween ou encore Massacre à la tronçonneuse ont dû laisser des traces indélébiles dans votre subconscient. En tout cas, cette période bénie du cinéma fût probablement l'apothéose du film gore, d'horreur, d'épouvante, d'angoisse, de chocottes, bref, vous voyez ce que je veux dire. A l'instar de SNK qui surfe sur la vague des Rambo et autres Delta Force (avec Chuck) en sortant Ikari Warriors et Prisoners of War, Namco se lance dans la plate-forme gore en 1988 avec le premier Splatterhouse. On ne peut pas vraiment dire que le filon ait été exploité avant, alors affirmer que ce jeu est l'ancêtre des Resident Evil, Silent Hill, Forbidden Siren et autres, n'est probablement pas très éloigné de la réalité. 

Les amateurs de gore seront aux anges avec Splatterhouse.
Les amateurs de gore seront aux anges avec Splatterhouse.

Le soft est réalisé sur le Namco System 1, un hardware 8 bits très utilisé par l'éditeur entre 1987 et 1990 (Dragon Spirit, Galaga 88', Alice in Wonderland...) et capable de très belles réalisations. Bien sûr, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le CPS (16bits) de Capcom et le fameux Ghouls'n'Ghost, sorti la même année: et bien Splatterhouse n'a pas à rougir de la comparaison, comme nous allons le voir dans ce test. Ecoutez-moi ce pitch de malade: Rick est étudiant en parapsychologie (ça commence bien). Il décide d'aller se balader avec sa fiancée en pleine nuit dans la forêt (quelle bonne idée!). Un orage éclate, et tous deux se réfugient dans un manoir abandonné (il cherchent vraiment la merde!). Et là, tout bascule: Jennifer disparaît et Rick se fait tuer. Le malheureux va être alors être ressuscité et possédé par le "terror mask", ce qui va cependant lui permettre de partir à la recherche de sa bien-aimée. Et bien franchement, voilà un scénario pas plus ridicule que celui de la plupart des films d'horreur!

Contre ce Boss, vous avez intérêt à être bien équipé.
Contre ce Boss, vous avez intérêt à être bien équipé.

Les commandes du jeu sont simples: A pour frapper, B pour sauter. Il est possible de se baisser, d'effectuer une glissade, mais aussi de ramasser diverses armes, histoire d'ajouter un peu à l'ambiance gore: feuille de boucher, bâton, batte de baseball, harpon, fusil... et j'en passe! On dispose de quatre cœurs: chaque coup encaissé en enlève un, et croyez-moi, il y a du monde qui vous en veut dans le manoir. Ghoules, mort-vivants, fantômes, élémentaires... mais aussi quelques curiosités particulièrement flippantes, du genre sangsues charognardes, chaise, tableau ou couteaux hantés, homme-tronçonneuse, et même... votre très chère dulcinée! L'angoisse trouve sa source autant dans le visuel que dans le psychologique, car non seulement le manoir est particulièrement glauque et insalubre, mais il y a toujours une saloperie pour vous surprendre, ou un truc un peu malsain auquel on ne s'attendait pas dans un jeu vidéo.... mais on adore ça!

Le harpon ne sert qu'une fois, mais son efficacité est redoutable!
Le harpon ne sert qu'une fois, mais son efficacité est redoutable!

Si les graphismes remplissent leur mission, la bande son dépasse toutes les espérances: non seulement les musiques sont génialement folles, mais les bruitages sont minutieusement choisis, de sorte à vous faire chier dans votre froc. L'animation est d'une richesse quasi-inégalée pour un jeu de 1988: tout est fluide et le souci du détail est bluffant. Namco nous régale avec une réalisation de haut vol, parfaitement adaptée à Splatterhouse. La durée de vie n'est pas immense, mais il faut s'accrocher pour venir à bout des six stages (avec système de checkpoints), et de plus le challenge est prenant. Un peu comme pour Ghouls'n'Ghosts ou R-Type, il s'agit de mémoriser les passages pour anticiper au mieux, mais aussi d'élaborer des stratégies pour venir à bout des différents Boss, dont certains vous feront souffrir. Splatterhouse, c'est vraiment une bombe à découvrir d'urgence pour les plus jeunes, et un classique à  refaire avec gourmandise pour les plus aguerris!


GRAPHISME

84%

On a vu plus fin, mais l'ensemble graphique de Splatterhouse est plutôt bien réalisé, avec une belle variété et une ambiance glauque au top.
ANIMATION 92%
Impressionnant pour un jeu de 1988: c'est décomposé, fluide, plein de surprises et de petits détails.
SON 90%
L'atmosphère oppressante et "dégueulasse" doit beaucoup à la bande son, digne d'un film gore des années 80!
DUREE DE VIE 79%
Il n'y a que six niveaux qui ne sont pas très longs, mais la difficulté est bien dosée et plusieurs embranchements sont proposés dans les stages avancés.
GAMEPLAY 87%
S'il semble bourrin de prime abord, Splatterhouse demande de la dextérité et un peu de jugeotte pour avancer. Des principes simples pour un plaisir de jeu indémodable, voilà une bonne recette.

NEOGEOKULT

RATE

86%
Le titre de Namco est l'un des jeu de plate-forme/action les plus marquants de son ère, disposant d'une ambiance très particulière et d'une réalisation d'excellent niveau.

ET SUR NEO GEO?

Il est bien dommage que la Neo Geo ne dispose pas d'un jeu comme Splatterhouse! A part Magician Lord - qui est tout de même bien loin de ressembler au titre de Namco - il n'y a rien d'approchant, même dans un genre différent.

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