Reviewed in 2011 by Tibe

SUPER MEGA ULTRA ALPHA. . .

par Tibe

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Capcom, constamment soucieux de faire revivre les bonnes choses du passé, n'a pas pris ses clients pour des pigeons. En l'espace de deux ans voient le jour pas moins de trois versions du 'même' jeu: Street Fighter IV, Super Street Fighter IV, Super Street Fighter IV Arcade Edition! Ici et maintenant, le test complet de Super Street Fighter IV -tout court, si je puis dire. On a beau se moquer, le travail réalisé par Capcom est tout de même remarquable. Depuis Street Fighter IV, les programmeurs font le choix d'un tout nouveau moteur graphique en 3d haute définition, tout en conservant le gameplay 2d propre au VS fighting. Tout est fait de polygones et de textures, les personnages, les décors ainsi que tous les éléments s'y trouvant. 

Le jeu ne contient pas moins de dix-huit stages, évolutifs et variés (différentes heures de la journée, météo changeante, etc). Notons que ceux-ci sont particulièrement vivants: soit des élément interagissent avec les combattants, soit d'autres personnages y font quelque chose, ou une action s'y déroule... C'est très agréable à regarder, d'autant plus que le trait est remarquablement soigné. Les personnages - également dessinés en 3d - s'intègrent merveilleusement bien dans les stages, aussi divers soient-ils. Ryu, Ken, Honda, Blanka, Sagat, etc... Toute la clique de Super Street Fighter II X est de retour, avec quelques petits nouveaux ou même certains guerriers issus d'autres jeux Capcom. Niveau scénario, c'est surprenant mais parfaitement cohérent avec les anciennes séries de l'éditeur, puisque par exemple Gouken -le maître de Ryu et Ken- fait son apparition, mais on a aussi droit au retour de Dudley de SFIII, d' Adon de Street Fighter premier du nom ou encore Guy, apparu en 1989 dans Final Fight

Cette saga "IV" prend place chronologiquement entre SFII et SFIII. Le bon vieux design datant de Street Fighter II a servi de base pour le passage à la 3d, et c'est une belle transition. Cependant, la plupart des personnages ont pris un volume musculaire parfois impressionnant, voire caricatural! Honda, Zangief ou Sagat sont désormais bodybuildés à l'extrême: c'est un peu spécial! Même des arbalètes comme Balrog (l'espagnol) ou Dhalsim semblent avoir bouffé des stéroïdes pendant ces dix dernières années. On aime ou pas, mais hors de ces considérations, force est de reconnaître que Super Street Fighter IV est graphiquement très beau. Des décors particulièrement vivants, c'est appréciable. Des personnages qui bougent vite et bien, c'est encore mieux! Et il n'y a vraiment pas à se plaindre, l'animation est à la hauteur des superbes graphismes. Les protagonistes bougent de manière fluide et décomposée, et les angles de vue changent lorsque l'on effectue une attaque spéciale ou une prise par exemple. 

Le jeu prend une nouvelle dimension visuelle grâce à la 3d, sans pour autant que le gameplay en pâtisse.  Les effets lors de combos, SDM ou autres pyrotechnies sont bluffants. Les minimalistes et amoureux du pixel art passeront leur tour pour sûr, mais l'objectivité restant de mise, c'est vraiment beau et fluide. La bande son est haut de gamme également: les bruitages de coups remettent au goût du jour les impacts bien lourds de SFII, alors que l'on n'a jamais entendu autant de digits vocales dans un jeu de baston: ça tchatche comme des gonzesses! Côté musiques, il y a pas mal de reprises de thèmes mythiques et quelques nouveaux morceaux. Celà dit, la BO n'est pas aussi marquante que celle de 1991. Le principal ajout de Super Street Fighter IV -par rapport à Street Fighter IV- consiste en une bonne grosse tranche de personnages supplémentaires. De vingt-cinq combattants de base, on passe à trente-cinq sélectionnables! Un sacré plus, d'autant que parmi les petits nouveaux, on a le plaisir de retrouver des guerriers comme Adon, Dudley, ou encore DeeJay... mais aussi de bons blaireaux pas charismatiques pour un sou, dont Capcom a le secret.

Hakan est un tout nouveau venu, mais on a aussi droit à Cody et T-Hawk pour ne citer qu'eux, qui ont beaucoup manqué aux joueurs... ou pas. Qu'on soit fan ou pas du roster, faut bien reconnaître que ça en impose. Pour couronner le tout, chaque fighter possède une vaste panoplie de coups et d'enchaînements, comme vous vous en doutiez: les habitués retrouveront leurs marques bien vite avec leur perso fétiche, mais il leur sera encore possible de progresser grâce à de nouveaux mécanismes. Et on en arrive au coeur du jeu: le gameplay. Capcom s'est appliqué à faire ressentir au joueur des sensations proches de ses jeux d'arcade des années 90. Outre les trois boutons de poings et trois de pied habituels, on a droit à un bouton pour les prises et un pour la focus attack: il s'agit d'un nouveau coup un peu à part, imparable et dont l'intensité peut être augmentée en maintenant le bouton enfoncé. Combiner trois boutons simultanément lors de certains coups spéciaux décuple leur puissance. Le jeu est également truffé de combos alors que niveau coup spéciaux, peu ont été rajouté aux personnages déjà connus.

Ceux qui savaient jouer à Street Fighter II, Zero ou III, ne seront pas trop dépaysés: le jeu n'est pas particulièrement rapide mais s'avère plus technique que ses ancêtres, sans aller aussi loin dans qu'un Kof XIII. Comme à son habitude, l'éditeur a fignolé son jeu et celui-ci est plein de détails agréables et de clins d’œil qui donnent le sourire. Des personnages connus, parfois provenants d'autres jeux Capcom, passent discrètement en arrière-plan; certains éléments de décors ou événements sont également des 'easter eggs' bien sympathiques. Autre détail qui ravira les aficionados, les Bonus Stage font leur grand retour! On a droit a la bonne vieille destruction de voiture (dans le décor du bonus stage de Final Fight!) et aux tonneaux tombant du plafond... Bref, entre le plaisir de la découverte, l'émerveillement devant la réalisation somptueuse, le roster copieux et le gameplay profond et prenant à grosse marge de progression, on en a pour notre argent. Super Street Fighter IV est un incontournable du VS fighting, le digne successeur de ses ancêtres!

GRAPHISME

98%

Capcom fait le choix d'un visuel 3d pour un gameplay 2d: le résultat est sublime grace à la puissance des 128 bits!
ANIMATION 95%
Les stages sont vivants, évolutifs, les effets visuels spectaculaires, et l'animation des personnages frôle la perfection.
SON 92%
Des bruitages très variés et percutants, des musiques qui agrémentent bien les combats, c'est un sans-faute.
DUREE DE VIE 99%
Trente-cinq guerriers de base, une histoire pour chacun d'entre eux, des affrontements en ligne sans fin: perfect!
GAMEPLAY 93%
Bluffant: on retrouve les sensations qu'offraient les anciens Street avec de bonnes innovations, seul bémol: huit boutons, c'est trop!

NEOGEOKULT

RATE

96%
Un hymne sublime au VS fighting: réalisation incroyable, gameplay riche et technique, mais accessible... Merci Capcom!
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