Fatal Fury 2 VS Street Fighter II Turbo

 

Par Tibe

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Les amateurs de versus fighting ayant fréquenté les salles obscures pendant l'âge d'or de l'arcade, ont forcément croisé ces deux fabuleux jeux de baston que sont Art of Fighting et Mortal Kombat. En 1992, Midway et SNK sont en lice pour détrôner Capcom dans l'olympe du jeu vidéo de baston. AOF est un des premiers jeux Neo Geo à franchir la barre des 100 mégas. Les programmeurs commencent à bien exploiter la machine, et ça se voit. MK est développé sur le Midway T-Unit, un hardware bi-processeur pas surpuissant, mais ayant la particularité d'afficher en 400X254ce qui est une résolution particulièrement élevée à l'époque. Midway utilisera ce format principalement pour des jeux "digitalisés" à base de motion capture. Le soft SNK est réalisé en 320x224, mais pèse tout de même 24 mégas de plus que son rival. Un style coloré aux sprites gigantesques d'un côté, des graphismes "photo-réalistes" et un gore particulièrement poussé de l'autre...

Graphisme

Si MK dispose d'une résolution supérieure, les nombre de couleurs affichées est nettement supérieur dans AOF. Non seulement les graphismes de Mortal Kombat sont fades, mais on remarque que les arrière-plans sont relativement vides, en plus d'être peu nombreux. Dans le tableau, seuls les personnages viennent rehausser un peu l'ensemble. Le soft SNK est infiniment plus généreux: les sprites sont énormes et bien détaillés (par exemple, les visages des combattants se tuméfient avec les coups) et les décors sont beaux et variés, en plus d'être au nombre de huit, contre cinq seulement. Art of Fighting l'emporte donc assez facilement dans cette manche.

Art of Fighting    95                             70   Mortal Kombat

Animation

Le jeu SNK est le premier VS fighting à inclure des zooms pendant les combats. Ceux-ci sont très bien réalisés, et permettent au jeu d'afficher des personnages énormes lors des corps-à-corps. L'action est dynamique, avec des mouvements rapides et correctement décomposés, sans plus. Mortal Kombat fait mieux: les protagonistes disposent d'une animation très décomposée et réaliste. Niveau fluidité, c'est un sans faute. Seul reproche, certaines postures un peu raides, et quelques personnages un peu moins travaillés que d'autres. Il n'empêche que MK domine ici son rival, grâce à une motion capture de belle qualité (pour un jeu de 1992).

Art of Fighting    84                             86   Mortal Kombat

Bande Son

Art of Fighting


Mortal Kombat


Mortal Kombat est particulièrement désuet au niveau de sa bande son. Si le jeu n'est pas avare de digits vocales, celles-ci sont de piètre qualité. Les bruitages sont sommaires et peu variés. Les mélodies pourraient être des musiques d’ascenseur, version gore! Elles servent de fond sonore un peu glauque, et voilà tout. Art of Fighting est plus percutant, avec des musiques dignes des films d'action de John Woo, des digits vocales haut de gamme, et des bruitages de coups particulièrement percutants.

Art of Fighting    93                             59   Mortal Kombat

Durée de Vie

Les rivaux de ce comparatif disposent de très beaux rosters pour des jeux de 1992, avec respectivement huit personnages sélectionnables pour AOF, même dix avec le code rendant les Boss jouables, contre sept pour Mortal Kombat. Avec un bémol cependant: dans le jeu SNK, le mode solo (story mode) ne se joue qu'avec Robert ou Ryo! Seul le versus propose l'ensemble des guerriers. Et ce n'est pas un détail! Car les autres combattants sont moins intéressants à jouer que nos deux héros. Mortal Kombat est plus homogène, car tous les personnages sont du même niveau, et le mode solo est plus long et plus difficile. S'il y a les furies à découvrir dans AOF, découvrir et réaliser les fatalités de Mortal Kombat est un challenge encore plus prenant. Celui-ci remporte donc cette manche haut la main.

Art of Fighting    70                             85   Mortal Kombat

Gameplay

Art of Fighting est ici encore novateur: jauge de "spirit" régissant l'usage des coups spéciaux, furies cachées, zooms, gameplay à quatre boutons: poing, pied, coup puissant/projection, provocation. combiner poing/coup puissant ou pied/coup puissant déclenchant une autre attaque. Il est possible de "dasher" (deux fois avant sur le stick) ou de battre en retraite (deux fois arrière). Selon qu'on exerce une pression prompte ou prolongée sur A ou B, les coups spéciaux sont rapides ou puissants. Bref, le panel est complet, et même complexe. La prise en main prend du temps, mais le jeu est intéressant, avec beaucoup de mouvements, les bonus stages qui améliorent votre perso, et le mode story bien ficelé. Mortal Kombat est plus basique, mais utilise cinq boutons: petit poing, gros poing, petit pied, gros pied, block. Chaque personnage dispose d'un nombre de coups standard et de coups spéciaux correct, mais tout de même inférieur à AOF. Il y a quelques combos, un éventail de stratégies intéressant, et bien entendu, le clou du spectacle, les fatalités. Chaque combattant a la sienne, et c'est à celui qui sera le plus dégueulasse. Au prix d'une manipulation ardue, vous aurez droit à de la tête coupée, des membres arrachés, de la crémation, de la section de colonne vertébrale... Il est très amusant de réussir à placer "sa" fatalité, surtout contre un adversaire "humain"! Mais cela est bien insuffisant pour étoffer le gameplay trop léger de MK. Mortal Kombat II remédiera à cela, mais pour l'heure, le soft SNK prend l'avantage grâce à sa profondeur de jeu. 

Art of Fighting    86                             72   Mortal Kombat

Conclusion

Midway explore avec bonheur le gore extrême dans le jeu de baston, et marque à n'en pas douter les esprits avec Mortal Kombat. Il n'en reste pas moins que le premier jeu de la saga mise un peu trop sur ses fatalités, et c'est insuffisant à produire un jeu de VS fighting de grande envergure. Si Art of Fighting n'en est pas non plus à rivaliser avec Street Fighter II' Turbo, il reste néanmoins supérieur à son rival dans ce comparatif.

 

Art of Fighting

85%

 

Mortal Kombat

76%


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