Burning Fight VS 64th Street

 

Par Tibe

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Burning Fight de SNK et 64th Street de Jaleco sortent en 1991. Alors que le premier met en scène trois castagneurs aux prises avec la pègre d'Osaka dans les différents quartiers de la ville, le second propose un scénario un peu plus original. Dans 64th Street, l'action se situe en 1939 à New York. Rick Anderson, détective privé, est engagé par un riche client dont la fille a été kidnappée. En mettant certains dossiers côte à côte, lui et son employé, Allen (Woody), partent sur la piste d'une organisation criminelle. Si le script rappelle beaucoup Final Fight, le fait que le jeu se déroule dans les années trente lui confère un charme unique et une certaine originalité. Face à la Neo Geo de SNK, le hardware de Jaleco du début des années quatre-vingt dix, j'ai nommé le Mega System 1-C. Celui-ci est inférieur au MVS en terme de performances pures: architecturé autour d'un processeur 68000 moins rapide que celui de la Neo Geo, le hardware de Jaleco n'affiche "que" 1024 couleurs contre 4096, alors que 64th Street est affiché en 256x224 contre 304x224 pour Burning Fight. Il utilise le sound chip du 68000 assisté d'un Yamaha 2151, alors que la bécane de SNK bénéficie du tout dernier processeur 2610 du même fabricant, assisté du Z80. Burning Fight, fort de ses 54 Mb contre les maigres 24 Mb de son concurrent, part avec un avantage substantiel sur le papier.

GRAPHISME

Visuellement, l'écart de puissance est sensible. Malgré ses sprites plus volumineux, le titre de Jaleco se montre moins fin, moins détaillé et coloré que son concurrent. Les décors sont de qualité inégale: certains niveaux sont ternes et vides, alors que d'autres sont riches et agréables. Somme toute, l'ambiance 'prohibition' est plutôt réussie, et le jeu s'avère agréable à l’œil malgré sa simplicité: le graphisme est crédible et met le joueur dans le bain assez vite. Burning Fight exploite bien la jeune Neo Geo, et sans trop forcer les capacités de la machine, se hisse un bon cran au dessus de 64th Street.

BURNING FIGHT................. 89%

 64th STREET ....................... 70% 

ANIMATION

Sans être affreusement raides et saccadés, nos deux titres sont ici tout juste dans la moyenne des productions de l'époque. Alors que Burning Fight est raide et moyennement décomposé, 64th Street se montre à peine plus souple mais moins détaillé. Ce n'est pas bien brillant d'un côté comme de l'autre: les programmeurs auraient pu en faire un peu plus, car la qualité de l'animation n'a vraiment rien de remarquable. BF gagne le duel sur l'animation d'une courte tête grâce à ses zooms et ses décors un poil plus vivants, ainsi que ses scrollings différentiels plus nombreux.

BURNING FIGHT................. 68%

 64th STREET ...................... 65% 

BANDE SON

En terme de qualité pure, la Neo Geo confère à son titre une avance confortable dans ce domaine. Bruitages et musiques bénéficient d'un meilleur échantillonnage, c'est indéniable. Sur la créativité, le jeu de Jaleco est plus osé: musiques pêchues et prenantes, mais malheureusement un peu répétitives. Les bruitages quant à eux sont bien violents et percutants - façon arcade rétro - et les digits vocales réussies bien que peu variées. Burning Fight se révèle plus discret à ce chapitre: les musiques se font vite oublier et les bruitages sont plus feutrés. 64th Street est démonstratif, mais son concurrent emporte cette manche grâce à la qualité supérieure de sa bande son... davantage que sur sa créativité!

BURNING FIGHT.................. 82%

 64th STREET ....................... 79% 

DUREE DE VIE

Burning Fight et 64th Street se finissent en une quarantaine de minutes chacun, c'est la durée de vie standard de la plupart des Beat them Up. Le jeu à deux de part et d'autre permet de revenir s'éclater avec un pote. Le soft SNK propose trois personnages sélectionnables contre deux chez son adversaire. Malgré cela, la simplicité et les quelques idées originales du jeu Jaleco donnent envie d'y revenir: Burning Fight est plus dur, plus fastidieux, plus exigeant. Les 'bonus stage' sous forme de magasins à démolir ainsi que la bonne variété des niveaux sont une force. 64th Street s'avère un poil plus 'fun', alors que BF propose un challenge plus relevé.

BURNING FIGHT................. 71%

 64th STREET ...................... 73% 

GAMEPLAY

Trois boutons sont utilisés d'un côté, deux de l'autre. Pour Burning, A envoie un coup de poing, B sert à sauter, et C déclenche un coup de pied. La combinaison A+B permet d'exécuter une attaque spéciale qui coûte un peu de santé. Chaque personnage dispose d'une prise au corps à corps et peut aussi ramasser des armes... et l'éventail est vaste: bâtons, couteaux, flingues, bouteilles... Les niveaux sont riches en éléments destructibles et en magasins à détruire, c'est jouissif à souhait! 64th Street propose lui un gameplay similaire, utilisant en revanche deux boutons seulement: un pour frapper, un pour sauter. Chaque combattant dispose d'une attaque spéciale A+B également, mais aussi d'une autre déclenchée en combinant avant+A. Les prises sont plus variés que dans BF: selon la direction maintenue au moment de la choppe, on assène à l'adversaire une série de coups, on l'envoie sur d'autres ennemis, ou carrément contre les décors du jeu! Dans certains niveaux, il sera même possible de jeter ceux-ci à l'eau ou hors de l'aire de combat! Très bonne idée, car en plus le décor se détériore lorsqu'un ennemi le percute. Les armes sont moins variées par contre que chez le concurrent, mais le jeu de Jaleco l'emporte sur un point crucial: la précision. SNK n'a pas assez peaufiné son titre sur ce chapitre, et Burning Fight se montre difficile et parfois frustrant: les coups sautés ont une fenêtre de contact restreinte et les prises sont moyennement animées. Sans être parfait, 64th Street se révèle légèrement plus précis et le combat est plus agréable que dans Burning Fight.

BURNING FIGHT................. 69%

 64th STREET ....................... 75% 

CONCLUSION

Au final, ce duel s'avère bien plus serré qu'on aurait pu le penser! Un brin plus original et plus fun, le titre de Jaleco est plaisant à jouer avec ses gros sprites, son gameplay rigolo et ses Boss originaux. Les deux adversaires font jeu égal sur la durée de vie, alors que Burning Fight l'emporte assez nettement sur la réalisation; Jaleco replique avec un gameplay mieux léché, plus agréable. Deux Beat them Up ayant chacun leurs qualités et ambiances propres, l'un compensant sa réalisation moins reluisante avec un gameplay plus précis, l'autre palliant à sa maniabilité plus raide avec une réalisation supérieure... Verdict: égalité!

BURNING FIGHT

70%


64th STREET

70% 


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