Burning Fight VS 64th Street

 

Par Tibe

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En 1988, Capcom lance le CPS (Capcom Play System), un hardware "arcade" 16 bits aux caractéristiques remarquables à cette époque, sur lequel l'éditeur va développer une flopée de titres légendaires,  dont Final Fight, ici opposé à Burning Fight sur Neo Geo. Si l'architecture et les processeurs utilisés sont semblables, la machine de SNK bénéficie d'une légère avance technologique (vitesse des processeurs, chip Yamaha dernier cri, nombre de couleurs affichables, zooms, taille des cartouches) qui lui donne un ascendant sur son rival. Les Beat them Up ici opposés se ressemblent comme deux gouttes d'eau: en effet, Final Fight fait un carton dans les salles de jeux depuis 1988, et SNK veut sa part du gâteau. C'est pourquoi BF, sorti en 1991, s'inspire très, très fortement du titre de Capcom. Le but pour celui-ci est de concurrencer, voire de dépasser son rival. Mais la partie est loin d'être gagnée pour l'éditeur d'Osaka: son adversaire s'est taillé une belle réputation avec ses divers jeux de baston de grande qualité...

GRAPHISME

Avec Final Fight, on explore Metro City dans ses moindres recoins... cela va des quartiers mal famés, métro, souterrains... aux bars, quais et bureaux. C'est varié et le style est fin, détaillé, et plutôt classe. Pour un titre de 1989, c'est une vraie gifle: cette année-là, aucun soft concurrent ne peut prétendre faire jeu égal. Si le trait est sensiblement différent, Burning Fight lui, peut se targuer de rivaliser esthétiquement avec le soft Capcom... mais deux ans plus tard! Les rues d'Osaka sont belles et colorées, avec de beaux reliefs, et également beaucoup de détails. Néanmoins, quelques passages sont un peu moins bons que d'autres, comme par exemple sur le toit du métro ou dans les hangars du port. Proposant des ennemis plus variés, et une qualité plus constante tout au long du jeu, Final Fight emporte cette manche.

BURNING FIGHT................. 89%

 FINAL FIGHT ........................ 95% 

ANIMATION

En ce qui concerne le rythme et la vitesse, c'est à peu près égal. Côté fluidité et décomposition, Final Fight prend un léger avantage. Si les divers personnages sont relativement raides d'un côté comme de l'autre, le jeu de Capcom bénéficie de davantage d'étapes d'animations, notamment pour les personnages principaux. Idem pour les détails animés dans les arrière-plans et les objets du jeu, c'est un peu mieux fini. Mais c'est au niveau de la précision des impacts et du "hitstop" que FF laisse BF sur place: ce dernier s'avère trop brouillon, face à un concurrent parfaitement millimétré, au bénéfice de la jouabilité.

BURNING FIGHT................. 68%

 FINAL FIGHT ........................ 90% 

BANDE SON

Les thèmes de Final Fight sont entraînants et collent bien à l'ambiance "baston" des quartiers craignos ou des bars mal fréquentés. Les bruitages de coups et les digits vocales sont de bonne qualité également. Burning Fight peut se targuer d'un échantillonnage nettement meilleur et de bruitages plus réalistes et nombreux, mais les mélodies du jeu ne laissent pas un souvenir impérissable. Au final, on a affaire à deux ensembles musicaux faisant jeu égal, c'est à dire tout à fait décents pour des Beat them Up d'arcade.

BURNING FIGHT.................. 82%

 FINAL FIGHT ........................ 82% 

DUREE DE VIE

Final Fight est un peu plus long que son rival avec son stage supplémentaire (six contre cinq). On peut jouer à deux simultanément dans chacun, bien entendu, et l'on retrouve dans l'un et l'autre de sympathiques bonus stages qui amènent un peu de fun supplémentaire. Grâce à une difficulté mieux dosée et à un plaisir de jeu qui donne davantage envie d'y revenir, le jeu Capcom domine celui de SNK sur la durée de vie.

BURNING FIGHT................. 71%

 FINAL FIGHT ....................... 80% 

GAMEPLAY

Sur le papier, Final Fight et Burning Fight pourraient sembler très proches, car leurs points communs sont nombreux. Trois personnages sélectionnables, des prises, des combos, des coups variés; des armes et des bonus à ramasser, des éléments du décor à détruire, le jeu coopératif... Les bases pour faire un excellent BTU sont présentes dans les deux softs. Seulement voilà: celui de SNK n'a pas été autant soigné que celui de Capcom sur les différents aspects du gameplay. Si BF utilise trois boutons (poings, saut, pieds) et FF deux (poings/pieds, saut), ce dernier n'en propose pas moins davantage d'attaques (deux coups sautés différents) et de prises au corps à corps (deux à trois par perso, contre une seule). De plus, il est difficile d'être précis dans Burning Fight: les coups, et en particulier les coups de pied sautés, ont une fenêtre de contact bien trop restreinte... contrairement à celle de vos ennemis! Autre détail un peu dommage, on ne peut utiliser une arme ramassée que pendant une quinzaine de secondes, après quoi, notre combattant la jette automatiquement: inutile et décevant! De plus, on voit bien que SNK n'a que peu play-testé le jeu pendant son élaboration. Les phases de combat peuvent être sacrément frustrantes, avec des ennemis qui ne vous laissent pas vous relever, vous infligeant une véritable punition sans que vous puissiez y faire quoi que ce soit. Ou encore d'autres, dont les coups vous mettent à terre systématiquement, à la merci des autres. Ce genre de détail nuit considérablement au plaisir de jeu de Burning Fight. En revanche, tout cela est parfaitement réglé dans Final Fight, et le gameplay n'en est que largement plus savoureux...

BURNING FIGHT................. 69%

 FINAL FIGHT ........................ 97% 

CONCLUSION

Final Fight remporte ici une victoire écrasante. Malgré qu'il accuse deux années de plus que son rival et que les notes attribuées en aient tenu compte, le soft Capcom enterre littéralement son rival de chez SNK. Il n'y a guère que sur la bande son et sur les graphismes que Burning Fight fasse sensiblement jeu égal, car sous tous les autres aspects, celui-ci est largement distancé.

BURNING FIGHT

70%


FINAL FIGHT

93% 


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