Magician Lord VS Super Castlevania IV

 

Par Tibe

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Le premier est méconnu du grand public: la majorité des joueurs qui s'y sont aventurés se sont cassé les dents sur sa difficulté peu commune... je veux bien entendu parler de Magician Lord. Le second fût un succès sur Super Nintendo, tout comme la série de jeux qui en a découlé: il s'agit évidemment de Super Castlevania IV. Si pour certains joueurs cette saga est mythique, voyons voir ce que vaut cet opus face à ce qui se faisait de mieux sur Neo Geo à la même époque. Dans l'un comme dans l'autre, la couleur est annoncée: on donne dans le médiéval-fantastique avec châteaux, ghoules, monstres, démons, magiciens tarés, squelettes, pouvoirs magiques... Ca va saigner! Si la Neo Geo offre les meilleures capacités techniques, Castlevania a pour lui les nombreuses possibilités de la Super NES, à savoir des rotations et des zooms, en plus d'offrir un support 16-bits fort respectable à bien d'autres égards. Il va de soit que rivaliser avec la bête de SNK n'est pas gagné, mais la décision peut se jouer sur d'autres domaines que la technique pure. La Neo Geo prend l'avantage sur la résolution, les couleurs affichables, l'animation, le son, ainsi que la capacité de stockage.

GRAPHISME

Aussi bien Super Castlevania IV que Magician Lord comptent parmi les tout premiers titres publiés sur leurs supports respectifs. On peut donc supposer que les ressources des machines n'étaient pas encore exploitées parfaitement? Et pourtant, quelle claque graphique fût le soft de SNK lors de sa sortie. Quand au détour d'un magazine un joueur tombait sur les screenshots du jeu, il était impossible de ne pas scruter les images en étant hypnotisé, tant cela semblait sublime. Les décors sont carrément fantasmagoriques, baignant dans une ambiance médiévalo-apocalyptique du plus bel effet. Castlevania, jouant dans un registre plus sobre, était  loin de faire pâle figure... mais ne bénéficiait de toute évidence pas des mêmes capacités graphiques. Les sprites sont plus gros dans Magician Lord, que ce soit le personnage principal ou les Boss, ainsi que les ennemis dans les niveaux. De son côté, Castlevania est un peu terne et semble utiliser peu de couleurs pour certains stages. Inutile de dire que la comparaison tourne court, le jeu de Konami ne faisant pas vraiment le poids sur ce chapitre.

MAGICIAN LORD............... 93%

SUPER CASTLEVANIA IV... 74% 

ANIMATION

Si l'animation de nos deux concurrents a globalement vieilli, elle n'en reste pas moins plus que décente. Ce qui à l'époque ne choquait pas, semble un peu plus criant aujourd'hui: les héros des deux softs ont une démarche saccadée et manquant sensiblement de fluidité. On aurait aimé davantage d'étapes d'animation - surtout pour Castlevania - et plus de souplesse dans la démarche des personnages (Magician Lord). Pour le reste, il faut saluer de part et d'autre quelques belles prouesses: tout d'abord, le mode 7 est à l'honneur sur la Super NES. Rotations et zooms sont au programme, et mis en scène avec brio. Certains niveaux tournent sur eux-mêmes, c'est saisissant! Concernant les scrollings, rien de spécial à dire, on a droit à quelques beaux différentiels, mais pas assez. D'autre part, il n'y a pas de ralentissements à déplorer, c'est déjà ça. De leur côté, les gars de chez Alpha Denshi ont fait du beau boulot: les zooms et les scrollings différentiels de ML sont magnifiques, l'animation des éléments du décors, que ce soit chutes d'eau, feux, explosions... tout est remarquable. Même chargée de dizaines d'ennemis à l'écran, l'action ne ralentit jamais, ce qui est une belle performance.

MAGICIAN LORD............... 78%

SUPER CASTLEVANIA IV... 72% 

BANDE SON

Les mélodies de Castlevania sont belles, inspirées et parfaitement adaptées au jeu, mais l' on a aujourd'hui l'impression qu'elles ont été composées sur le Bontempi du petit frère. C'est assez léger techniquement, mais les thèmes sont quand même sublimes. Quant aux bruitages, ils sont simples et efficaces. Magician Lord joue pour sa part dans la démesure totale: les digits vocales, véritables prouesses techniques à l'époque, sont nombreuses, claires et puissantes. Les interventions de Gal Agiese avant chaque boss de fin de niveau sont dramatiques au possible (si l'on exclut les quelques fautes de grammaire...). Les bruitages sont un peu plus percutants que ceux de Castlevania, et les musiques sont assez démentes, tirant superbement parti des capacités de la bécane.

MAGICIAN LORD............... 92%

SUPER CASTLEVANIA IV... 79% 

DUREE DE VIE

La difficulté de ces deux titres font qu'une grande majorité des joueurs s'y frottant se cassera les dents dessus... notamment  en ce qui concerne Magician Lord. Huit niveaux vous attendent, et autant vous dire qu'on ne vous fera pas de cadeaux. Le dernier niveau vous contraindra à affronter un par un tous les mid-boss du jeu ressuscités, ainsi qu' Az Atorse, le Boss final. Et autant le dire, ce ne sera pas une sinécure d'arriver jusque là. Deux versions du soft existent: dans la première, vous avez deux points de vie, quatre en cas de transformation. Et en cas de décès, vous repartez de l'endroit même où vous êtes mort.  Dans la seconde version, plus ardue, le joueur bénéficie de trois points de vie de base et six après une transformation. Par contre en cas d'échec, on repart soit du début du niveau, soit de la dernière porte franchie. Ce système de checkpoint est également utilisé par Castlevania, à la différence près que dans ce dernier, le héros a plus de points de santé et les ennemis sont moins agressifs et nombreux que dans Magician Lord. En terme de durée de vie 'réelle', le titre de Konami s'avère plus vaste que Magician Lord, ce qui lui vaut de gagner le duel ici.

MAGICIAN LORD............... 85%

SUPER CASTLEVANIA IV... 92% 

GAMEPLAY

Si la maniabilité dans l'un et l'autre laisse parfois à désirer, une fois passé le temps de l'apprentissage des commandes, nos rivaux sont tous deux plaisants à jouer et prenants. Castlevania propose différentes armes, du regain de santé, des passages secrets... et la possibilité de s' accrocher avec le fouet un peu partout sur les parois des niveaux. Magician Lord réplique avec sept formes de personnages possibles: Il y a le magicien de base (Elta), mais aussi six transformations différentes qui sont fonction des combinaisons d'orbes élémentaires que vous collecterez. Pêle-mêle, on peut incarner un ninja, un samouraï, un djinn, un guerrier aquatique, Poséidon, ainsi qu'un guerrier-dragon. Trois niveaux de puissance existent pour chaque personnage, grâce aux orbes de pouvoir (P+). Les niveaux ont parfois plusieurs portes et passages permettant d'accéder à des salles remplies de bonus et d'orbes, mais aussi de pièges. La maniabilité requiert une dextérité extrême, clairement rebutante pour les joueurs les plus novices. Les deux jeux proposent donc des gameplays simple mais fournis en possibilités, ainsi qu'une bonne variété dans leur action.

MAGICIAN LORD............... 86%

SUPER CASTLEVANIA IV... 86% 

CONCLUSION

Le hit de Konami perd ce duel en grande partie a cause de sa réalisation. Mais pouvait-il en être autrement, vu la différence de puissance entre les deux machines? Il s'en est fallu de peu. La durée de vie et la variété de Castlevania sont meilleures que celles du jeu SNK. Le gameplay, sensiblement égal, ne permet pas de donner l'avantage à l'un ou à l'autre. S'il est évident que la difficulté colossale de Magician Lord en rebutera plus d'un, Castlevania n'est pas pour autant un jeu facile, loin de là. Par le passé, beaucoup de 'testeurs' et de joueurs ont critiqué Magician Lord, probablement rebutés par sa grande difficulté. C'est manquer d'objectivité que de ne pas donner sa chance à ce titre, une perle rare à bien des égards. Que les quelques défauts de l'un et l'autre ne vous arrêtent pas: si ces deux mastodontes ont quelque peu vieilli, ils n'en restent pas moins de grands classiques du genre. De véritables chef d’œuvres intemporels, que tout vrai gamer se doit d'avoir achevé une fois dans sa vie!

MAGICIAN LORD

89%


SUPER CASTLEVANIA IV

87% 


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